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dimanche 7 juin 2009

Souvenir : « Chico Buarque de Mangueira » (II)

Chico Buarque aux couleurs de la Mangueira
(photo Luciana Prezias)
(texto português em baixo)

En 1998, l’École de Samba de la Mangueira fête ses 70 années d’existence. Pour cette occasion, sa communauté décide de créer le Centre de Mémoire de l’Estação Primeira et recherche des fonds à cette fin. Pour le défilé, après Tom Jobim en 1992, et la fine équipe des bahianais –Gil, Caetano, Gal et Bethânia- en 1994, une autre star de la MPB, et mangueirense de confession, est mis à l’honneur : Chico Buarque de Hollanda. Il sera le thème choisi de la G.R.E.S. Estação Primeira da Mangueira pour 1998. Et en vue de récolter de quoi ériger le fameux Centre de Mémoire, c’est à nouveau Hermínio Bello de Carvalho qui prend l’initiative d’un album, « Chico Buarque de Mangueira », qui sera enregistré dans les derniers mois de 1997.

À cette époque, Chico s’apprête à lancer un nouvel album d’inédits, « As Cidades », cinq ans après « Paratodos » (1993), une des nombreuses œuvres majeures de sa carrière.

Comme pour Piano na Mangueira (Jobim/ Buarque) qui ouvrait l’album « No Tom da Mangueira » (repris ici par Jamelão, le chanteur officiel des samba- enredo de l’école depuis les années 50), « Chico Buarque de Mangueira » s’ouvre sur le bel inédit Chão de Esmeralda écrit par Chico et Hermínio Bello de Carvalho. Ce dernier conçoit l’album de manière un peu différente que « No Tom da Mangueira » (1992). Pas question ici d’exhumer les voix de ceux qui ont fait la gloire de la Mangueira par diverses astuces techniques. De même, il n’envisage pas d’élargir le cercle des invités au-delà du monde de la samba de tradition. Il sera conçu et confectionné par des Mangueirenses de pure souche, si l’on excepte la participation de deux Portelenses (intégrants de l’Ecole de Portela), João Nogueira (1941-2000) et Cristina Buarque (sœur du chanteur). Ces aimables interactions entre Écoles et Velhas Guardas (vieilles guardes) ont toujours existé car, s’il y a bien compétition sur l’Avenida Marquês de Sapucaí (Sambodrome), nous sommes avant tout dans le monde de la musique, et non du sport.
Après Chão de esmeralda, l’album offre cinq magnifiques pot pourris qui reprennent les classiques de la Mangueira composés par Cartola (1908-1980), Carlos Cachaça (1902-1999), Padeirinho (1927-1987), Nelson Cavaquinho (1910 1986), Nelson Sargento ou Geraldo Pereira (1918-1955), pour citer les principaux. Quant aux interprétations, elles sont laissées à Chico Buarque, bien sûr, mais aussi à Leci Brandão, Alcione, João Nogueira (1941-2000), Carlinhos Vergueiro, Nelson Sargento, Jamelão (1913-2008) et la Velha Guarda da Mangueira (les plus anciens intégrants de l’école). Le fait d’avoir laissé le répertoire aux mains de véritables sambistas donne une cohésion que n’avait pas « No Tom da Mangueira ». De même, la production et les arrangements apparaissent bien plus supérieurs. « Chico Buarque de Mangueira » dépasse le fait d’être un album historique comme celui en hommage à Tom Jobim. Il devient tout simplement un des meilleurs albums de samba de ces 20 dernières années.
Après les medleys, l’album se termine, entre autres, par le magnifique Divina dama de Cartola chanté par Chico Buarque, ou encore Estação derradeira que ce dernier avait composé pour l’album « Francisco » (1987). Une version interprétée par Alcione mais qui n’atteint cependant pas la force poignante et viscérale de l’original.
La samba-enredo « Chico Buarque da Mangueira » (qui n’est pas dans cet album) portera la G.R.E.S. Escola de Mangueira vers le titre de championne cet année-là.

En vidéos: Chao de esmeralda (Chico Buarque/ H.B. de Carvalho), et la samba-enredo Chico Buarque da Mangueira.

Lembrando hoje: “Chico Buarque de Mangueira” (II)

(texto português traduzido do francês, destinado a um público aprendiz)

Em 1998, a Escola de samba da Mangueira comemorou seus 70 anos de existência. Para essa ocasião, sua comunidade decidiu criar o seu Centro de Memória e buscar os recursos para essa finalidade. Para o desfile, depois de Tom Jobim em1992, e a fina equipe dos baianos - Gil, Caetano, Gal e Bethânia, em 1994, uma outra estrela da MPB, e mangueirense de coração, tem a honra de participar: Chico Buarque de Hollanda. Ele será o tema escolhido pela G.R.E.S. Estação Primeira da Mangueira para 1998. E afim de organizar o famoso Centro de Memória, é novamente Hermínio Bello de Carvalho que toma a iniciativa para a produção do álbum « Chico Buarque da Mangueira », que virá a ser gravado nos últimos meses de 1997.
Nessa época, Chico estava pronto para lançar um novo álbum de inéditas: « As Cidades », cinco anos depois de « Paratodos » (1993), uma das numerosas obras mais importantes de sua carreira.
Assim como para Piano na Mangueira que abria o álbum « No Tom da Mangueira » (reprisado aqui por Jamelão, o cantor oficial dos sambas-enredo da escola a partir dos anos 50), « Chico Buarque da Mangueira » tem a abertura sob o belo inédito Chão de esmeraldas escrito por Chico e Hermínio Bello de Carvalho. Esse último concebeu o álbum de maneira diferente que « No Tom da Mangueira » (1992). Não se considerava aqui exumar as vozes daqueles que fizeram a glória da Mangueira através das artimanhas tecnológicas. Da mesma forma, ele não visualizava aumentar o círculo de convidados em torno do mundo do samba de tradição. Ele será concebido e confeccionado pelos Mangueirenses da mais pura raiz, à exceção da participação de dois Portelenses (integrantes da escola da Portela): João Nogueira (1941-2000) e Cristina Buarque (irmã do cantor). Essas amáveis interações entre Escolas e Velhas Guardas sempre existiram na verdade, e se há competição é dentro da Avenida do Marquês de Sapucaí (Sambódromo), uma vez que estamos antes de tudo dentro do mundo da música, e não do esporte.
Depois de Chão de esmeralda, o álbum oferece cinco magníficos pout- pourris que representam os clássicos da Mangueira compostos por Cartola (1908-1980), Carlos Cachaça (1902-1999), Padeirinho (1907-1987), Nelson Cavaquinho (1910-1986), Nelson Sargento ou Geraldo Pereira (1918-1955), só para citar os principais. Quanto às interpretações, elas são deixadas a cargo de Chico Buarque, naturalmente, mas também a Leci Brandão, Alcione, João Nogueira (1941-2000), Carlinhos Vergueiro, Nelson Sargento, Jamelão (1913-2008) e a Velha Guarda da Mangueira (os mais antigos integrantes da escola). Deixou-se o repertório nas mãos dos verdadeiros sambistas, permitindo uma coesão que não existia em « No Tom da Mangueira ». Da mesma forma, a produção e os arranjos pareceram bem superiores. « Chico Buarque da Mangueira » extrapola o fato de ser um álbum histórico como aquele em homenagem a Tom Jobim. Ele vem a ser simplesmente um dos melhores álbuns de samba desses últimos 20 anos.
Depois dos medleys, o álbum termina, entre outros, com a magnífica Divina dama, de Cartola, cantada por Chico Buarque, e também Estação derradeira, que havia sido composta para o álbum « Francisco » (1987). Uma versão interpretada por Alcione, mas que não tem, no entanto, a força pulsante e visceral do original.
O samba-enredo « Chico Buarque da Mangueira » (que não consta desse álbum) levará a G.R.E.S. Escola de Mangueira ao título de campeã naquele ano.



vendredi 15 mai 2009

En écoute aujourd'hui: Diogo Nogueira.

Diogo Nogueira, crooner de la samba (photo divulgation)

(texto português em baixo)


Diogo Nogueira est suspect ! Il est beau gosse et sa voix ressemble à s’y méprendre à celle de son père, l’immense et regretté sambista João Nogueira (1941-2000).

De plus -ce qui ne plaide pas en sa faveur- ce garçon de 27 ans est de toutes les émissions télévisées ultra populaires, garnies de ces gamines pom pom girls qui se lancent dans des chorégraphies hasardeuses tout au long du programme. « Il est sans intérêt » m’avait-on dit en 2007 quand j’entendis son nom pour la première fois. Je n’avais acquis son dvd « Ao vivo » que par acquis de conscience (professionnelle) et j’ose confesser qu’il fut rangé dans mes archives sans même avoir ôté la cellophane protectrice. Je sais, c’est mal... !
Pourtant, tandis que je visionnais récemment les deux dvd’s « Samba social clube » enregistrés dans la salle Fundição Progresso de Rio de Janeiro en juin 2008, je me rendais compte que le monde de la samba carioca possédait là un interprète bien précieux. Bola dividida (Luiz Ayrão) et Coisa de pele (Acyr Marques/ Jorge Aragão) chantés par Diogo, figuraient à mon goût parmi les meilleures interprétations des 38 titres proposés.
Bien sûr, on sait qu’un bon chanteur de samba ne doit pas briller par une quelconque virtuosité. Que du contraire. Plus sa voix est abimée par la cigarette et la cachaça, plus la samba transpire ses racines et son authenticité. À part Paulinho da Viola et le propre João Nogueira, les grands sambistas masculins se distinguent rarement par leurs techniques vocales. Je tiens pour exemple des Cartola, Moacyr Luz, Sombrinha, Zeca Pagodinho, Arlindo Cruz, Jamelão, Bezera da Silva et bien d’autres génies du genre.
Mais voilà donc que Diogo Nogueira impose -outres sa belle gueule- une manière de chanter plus proche d’Emilio Santiago que de Nelson Sargento. Diogo est un crooner de la samba, et prouve que ces deux termes sont loin d’être incompatibles.
J’ai donc visionné hier -presque deux ans après l’avoir acheté- le « Diogo Nogueira ao vivo », et je me suis retrouvé face à un chanteur qui possède une voix d’une très grande justesse (je n’ai pas perçu une seule note aproximative !), d’une grande aisance, et qui se met au service de la samba interprétée. Une voix solide, stylée et qui a du corps. Diogo n’a pas la gouaille de Zeca Pagodinho et il n’est pas une bête de scène, mais il se concentre sur l’interprétation, glissant ça et là quelques sourires et des œillades à le gente féminine en ravissement. Un jeu de séduction finalement bien dans l’esprit du « sambista malandro ».
Mais trêve de mots, le mieux c’est de vous coller ici les vidéos de Violão vadio (Baden Powell/ Paulo César Pinheiro) ou Diogo Nogueira est accompagné par Marcel Powell, Fé em Deus (Flavinho Silva), et de rendre hommage à son père João, avec le classique Espelho (João Nogueira/ Paulo César Pinheiro).

Diogo e a eterna madrinha do samba carioca, Beth Carvalho.

(Texto português traduzido do francês, destinado aos leitores aprendizes)

Escutando hoje : Diogo Nogueira.


Diogo Nogueira é um sujeito suspeito ! Ele é um garotão « boa pinta », e sua voz, do jeito lembra de uma maneira inconfundível a de seu pai, o grande e saudoso sambista João Nogueira (1941-2000).
Além disso - não que isso pese exatamente a seu favor - esse rapaz de 27 anos está em todas as emissões televisivas ultrapopulares, tendo ao fundo essas jovens dançarinas « pom pom girl », que participam de coreografias desajeitadas ao longo dos programas inteiros. « Não perca tempo em escutar este cara », me disseram em 2007, quando ouvi seu nome pela primeira vez. Eu havia comparado seu dvd « Ao vivo » (na verdade seu primeiro trabalho gravado) por uma questão de consciência profissional ; e aqui ouso confessar que arquivei o show sem ter mesmo retirado o celofane de proteção da caixa. Eu sei, foi mal... !
No entanto, uma vez que assisti recentemente os dois dvd’s « Samba social clube », gravados na sala Fundição Progresso, no Rio de Janeiro, em junho de 2008, eu me dei conta de que o mundo do samba carioca possuía ali um intérprete bastante precioso. Bola dividida (Luiz Ayrão) e Coisa de pele (Acyr Marques / Jorge Aragão) cantadas por Diogo, passaram a figurar, para o meu gosto, dentre as melhores interpretações dos 38 títulos apresentados.
Naturalmente, é sabido que um bom cantor de samba não deve brilhar através do viés do virtuosismo. Muito pelo contrário. Quanto mais sua voz é arranhada e estragada pelo cigarro e pela cachaça, mais o samba transpira através dela suas raízes e sua autenticidade. À exceção de Paulinho da Viola e do próprio João Nogueira, os grandes sambistas masculinos raramente se distinguem por suas técnicas vocais. Tomo como exemplo as vozes de Cartola, Moacyr Luz, Sombrinha, Zeca Pagodinho, Arlindo Cruz, Jamelão, Bezera da Silva e outros tantos gênios desse gênero.
Mas eis que então Diogo Nogueira nos apresenta sua potente garganta, com uma forma de cantar mais próxima à de Emilio Santiago do que à de Nelson Sargento. Diogo é um crooner do samba, e prova que esses dois estilos estão longe de ser incompatíveis.
Eu pude perceber tudo isso então – quase dois anos depois de ter comprado o « Diogo Nogueira ao vivo » - e me encontrar frente a um cantor que possui uma voz de uma enorme precisão (eu não percebi nem uma nota aproximativa !), de uma grande destreza, e que se coloca a serviço da interpretação do samba. Uma voz sólida, cheia de estilo e encorpada. Diogo não tem o descaramento de Zeca Pagodinho e também não é um « animal » em cena, mas ele se concentra na interpretação, deixando escorregar alguns sorrisos e olhadelas ao público feminino encantado. Um jogo de sedução perfeitamente dentro do espírito do « sambista malandro ».
Mas dando uma trégua ao papo, o melhor para vocês agora é curtir os vídeos de Violão vadio (Baden Powell/ Paulo César Pinheiro), no qual Diogo é acompanhado por Marcel Powell, e de Fé em Deus (Flavinho Silva) ; e, por último, uma homenagem aqui do blogueiro a seu pai, João Nogueira, com o clássico Espelho (João Nogueira / Paulo Cesar Pinheiro).






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