jeudi 17 septembre 2009

Une pochette, un album… : Pitty, Tiê, João Bosco.

(texto francês, texto português traduzido do francês)

Plus qu’un simple élément esthétique ou une accroche visuelle, la pochette d’un album se doit de refléter une atmosphère. Elle nous met en condition pour nous plonger dans un univers musical. Que ce soit par ses couleurs, ses tonalités, la composition graphique, ou l’imaginaire du sujet représenté. Qu’on le veuille ou non, l’emballage du disque jouera inconsciemment dans l’approche et l’écoute de celui-ci.
Je me suis amusé rapidement à analyser le contenu et le contenant de quelques albums acquis ces dernières semaines…


Mais do que um simples elemento estético ou um apelo visual, a capa de um álbum pretende refletir uma determinada atmosfera. Ela nos dá condição para mergulharmos num certo universo musical. Quer seja através de suas cores, suas tonalidades, sua composição gráfica, e, no conjunto, através do imaginário em torno do tema ali representado. Quer queira, quer não, a embalagem do disco atuará inconscientemente na abordagem e na audição que se fará dele. Eu me diverti rapidamente ao analisar o conteúdo e a embalagem de alguns álbuns adquiridos nessas últimas semanas...

Pitty : « Chiaroscuro » (Deckdisc)

La pochette : typiquement rock. Le nom de Pitty est inscrit tel un graffiti stylisé tracé au pinceau grossier sur un mur en crépi. L’esthétisme est dure, en noir et blanc, et en fait de blanc, ce sont surtout de nombreux dégradés de gris qui évoquent un aspect sale et urbain. Au dos de la pochette, une présentation assez classique pour ce genre d’album : le groupe au regard ténébreux (ou caché par des lunettes obscures) est appuyé contre un mur en béton gris. La photo apparaît, elle aussi, en noir et blanc. L’intérieur du livret est conçu dans le même esprit. On a compris : on n’est pas ici pour conter fleurette !
L’album : Pitty revient bel et bien avec son rock saignant construit autour de sa batterie plombée, sa basse ronflante et ses guitares saturées. La jeune bahianaise avait surpris tout le monde en 2003 avec « Admiravel Chip novo » et son (hard) rock « teenage », mais elle s’était très vite enfermé dans une formule d’où l’on ne la voyait pas sortir. «Anacrônico » (2005) n’était qu’une faible copie du premier album.
Avec « Chiarosuro », Pitty nous étonne en nous proposant des mélodies plus travaillées qui flirtent parfois avec la pop « sixties » (Me adora, Fracasso). Bien sûr l’habillage est toujours très « métal », mais plus aéré qu’auparavant et donc plus digeste sur la longueur. Ajoutez à cela, qu’elle y chante mieux qu’avant, et l’on comprendra que Pitty s’ouvre de nouveaux horizons musicaux qui lui promettent un avenir qu’on ne lui soupçonnait plus. Même sur les titres les plus « heavy » comme 8 ou 80 et l’excellent Medo, Pitty et son excellent groupe atteignent des sommets du genre. Une belle surprise…

A capa : tipicamente rock. O nome de Pitty é gravado através de um grafite estilizado ao estilo gótico, traçado por um pincel grosseiro num muro de cimento enrugado. A estética é dura, em preto e branco, e no que concerne ao branco, são sobretudo sobre ele que surgem os numerosos degradês em cinza que evocam um aspecto « sujo » e urbano. No verso da capa, uma representação bastante clássica para esse gênero de álbum : o grupo de olhar tenebroso (ou escondido pelos óculos escuros) fica encostado contra um muro de concreto cinza. A foto aparece, aqui também, em preto e branco. O conteúdo do livreto é concebido dentro do mesmo espírito. Entendemos o recado : não é aqui que vão encontrar-se florzinhas !
O álbum: Pitty retorna bem, com seu rock sangrento, construído em torno de sua bateria plúmbea, seu baixo estertorante e suas guitarras saturadas. A jovem baiana havia surpreendido a todos em 2003 com seu « Admirável Chip novo » e seu (hard) rock « adolescente » ; porém, ela viu-se rapidamente enquadrada numa fórmula da qual ela ela não mais via saída. «Anacrônico » (2005) não passa de uma pífia cópia de seu primeiro álbum.
Com « Chiaroscuro », Pitty nos maravilha ao nos propor melodias mais trabalhadas, que vêm a flertar por vezes com a música pop dos anos sessenta (Me adora, Fracasso). Naturalmente que sob essa roupagem o som é ainda muito « metal », porém mais arejado do que no passado, e dessa forma, então, mais digerível ao decorrer do disco. Acrescente-se a isso tudo o fato de que ela canta melhor do que antes, e daí apreende-se que Pitty se abre a novos horizontes musicais que pometem um porvir até então insuspeito. Mesmo com os títulos mais « heavy », como 8 ou 80, e o excelente Medo, Pitty e seu competente grupo atingem o auge dentro de seu gênero. Uma bela surpresa...

Tiê : « Sweet jardim » (indep)

La pochette :
encore du noir et blanc pour une musique à l’opposée de celle de Pitty.
Mêlant le minimalisme, le découpage et les dessins d’enfant, la pochette est fortement dominée par le noir d’où se détache la silhouette d’un oiseau blanc (le tiê est un oiseau assez répendu au Brésil) qui chante le nom de l’artiste dans un phylactère. Çà et là, d’autres éléments tracés en blanc, des petits cœurs, des étoiles, des vagues stylisées, des éléments de rideaux, qui nous évoquent un univers de rêve féminin ou plutôt d’adolescente. L’esthétique en aplats est japonisante. Au dos de l’album, une toute petite photo montre une partie du visage de la chanteuse tel un collage maladroit. Les cils de ce visage évoquent les ailes de l'oiseau. Une simple feuille pliée se trouve dans l’emballage digipack, où l’on retrouve les mêmes motifs éparpillés entre les textes dactylographiés. On se retrouve dans le monde l’enfance et de la scolarité. Dans les pages des carnets intimes fait de collages et de poésies.
L’album : Voilà donc rendu magnifiquement tout l’univers de Tiê, chanteuse de São Paulo que l’on encense dans le circuit musical branché. Proche de la nouvelle scène française, Tiê dévoile une musique dépouillée, rendue avec une économie de moyens instrumentaux. Voix et guitares ; voix, guitares et piano, l’ensemble accompagné parfois d’un fender rhodes, ou d’un vibraphone qui lui donne une légèreté toute bucolique. On voyage entre le folk susurré (je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Carla Bruni !), et des mélodies -voire des comptines- qui peuvent paraître innocente. Mais l’on ressent parfois un certain mystère et une inquiétude qui plane. Comme si un drame allait s’abattre sur le doux jardin obscur de la pochette.
Un album étonnant et une artiste qui propose un univers musical original pour la scène brésilienne, et qui ne manque pas de séduction.


A capa : ainda em preto e branco, mas para um tipo de música oposto daquela de Pitty.
Mesclando o minimalismo, a decupagem e os desenhos infantis, a capa é fortemente dominada pelo negro, do qual se destaca a silhueta de um pássaro branco (a própria Tiê, evidentemente) que « canta » o nome da artista dentro de um balão. Aqui e ali, outros elementos traçados em branco, como pequenos corações, estrelas, ondas do mar estilizadas, e elementos de cortinas rendadas, que nos evocam um universo de sonho feminino, e sobretudo adolescente. A estética em cores específicas sem qualquer tipo de gradação vem de um código essencialmente japonês. No verso do disco, uma pequenísima foto mostra uma parte do rosto da cantora (cujos cílios são as asas do pássaro) através de uma colagem amadorística. Uma simples folha de papel dobrada se encontra dentro da embalagem digipack, sobre a qual repousam os mesmos motivos espalhados por entre os textos datilografados. Encontramo-nos num espaço da infância e da escola ; dentro das páginas dos diários íntimos feitos de colagens e de poesias.
O álbum : aqui está então apresentado magnificamente todo o universo de Tiê, cantora de São Paulo que é incensada no circuito musical antenado. Próxima à nova cena francesa, Tiê revela uma música despojada, criada com certa economia de recursos instrumentais. Voz e violões ; voz, violões e piano ; o conjunto acompanhado de vez em quando de um fender rhodes ou de um vibrafone que lhe confere uma ligeireza absolutamente bucólica. Viaja-se entre o folk sussurrado (não posso me privar aqui de pensar em Carla Bruni !), e melodias – a exemplo das cantigas infantis – que podem parecer inocentes. Mas Tiê resgata por vezes um certo mistério e inquietude que plana no ar. Como se um drama estivesse para se desenrolar dentro do doce jardim obscuro da capa. Um álbum surpreendente, de uma artista que propõe um código musical original para a cena brasileira, sem abrir mão de um toque de sedução.


JOÃO BOSCO : « Não vou pro céu… » (MP,B/ Universal)

La pochette : …classique au premier abord, mais néanmoins assez intrigante. Un « close up » imposant sur le visage de l’artiste coiffé de son habituelle casquette. Un portrait d’autant plus impressionnant que l’expression est presque cynique. Il nous fixe droit dans les yeux et nous scrute, le sourire en coin, habillé de noir. Une expression qui fait écho à la première partie du titre de l’album « Não vou pro céu… » (Je ne vais pas au ciel), tandis que le dos du disque, qui montre la nuque, complète : « …mas já não vivo no chão » (mais je ne vis déjà plus sur terre ). Aucun élément musical n’est présent, c’est l’homme seul qui se livre sans fard, sortant presque de la photo. Son nom se détache en évidence sur le couvre-chef et le titre, en dessous, est un vers de la chanson Sonho de caramujo (J.Bosco/ Aldir Blanc). L’intérieur du livret est moins austère, présentant des photos où la guitare -instrument avec lequel l’artiste a toujours fait corps- est mise en évidence.
L’album : « Não vou pro céu » est le retour en grâce de João Bosco, depuis son dernier album d’inédits –« Malabaristas do sinal vermelho »- de 2003. Le ton de l’album est relativement suave et calme, enchaînant ballades et bossas teintées de jazz, mais il n’apparaît à aucun moment monocorde. Très loin de là ! João a ciselé chaque mélodie, et dans ce domaine, nous savons que c’est un orfèvre. Tant Pintura (J.Bosco/ Carlos Rennó) que Perfeição et Desnortes apparaissent déjà comme des classiques. Ces deux derniers étant composés avec son fils -le parolier et écrivain Francisco Bosco- qui collabore avec son père depuis « As Mil e uma aldeias » (1997). L’album voit également le retour de la collaboration avec Aldir Blanc sur quatre titres. Un duo -auteurs de dizaines de classiques- qui date du début de la carrière de João en 1972. Une collaboration qui reste aussi emblématique de la MPB resistante à la dictature, comme l’était le duo Ivan Lins/ Vitor Martins.
João Bosco n’accélère le rythme qu’à de rares occasions comme avec la salsa Tanajura (J.Bosco/ F.Bosco), la samba Sonho de caramujo, ou le brillant Jimbo no jazz (J.Bosco/ Nei Lopes), un titre percussif afro brésilien, typique du monde musical de l’artiste. L’album est tout simplement brillant, et comme sur la pochette, João Bosco s’impose d’un bloc, donnant le meilleur de lui-même en tant que guitariste, interprète et compositeur. Un maître de la MPB dans chacun de ces domaines.

A capa :
...clássica ao primeiro olhar, mas não menos bastante intrigante por isso. Um « close up » imponente do rosto do artista adornado por seu habitual boné. Um retrato um tanto quanto impressionante, a ponto da expressão parecer quase cínica. Ele nos fixa diretamente nos olhos e nos esquadrinha, um sorriso de canto de boca, vestido de preto. Uma expressão que tem eco na primeira parte do título do álbum « Não vou pro céu… », ao passo que o verso do disco, que mostra a nuca, completa a frase : « …mas já não vivo no chão ». Nenhum elemento musical está presente : é o homem, simplesmente, sem máscara, quase saindo da foto. Seu nome se destaca em evidência no alto da capa, sobre o boné, e o título embaixo é um verso da canção Sonho de caramujo (J.Bosco/ Aldir Blanc). O conteudo do livreto é menos austero, apresentando fotos nas quais o violão – instrumento ao qual ele está itimamente ligado – é posto em evidência.

O álbum : « Não vou pro céu » é o retorno da graça de João Bosco, depois do seu último álbum de inéditas - « Malabaristas do sinal vermelho » - de 2003. O tom do álbum é relativamente suave e calmo, encadeando baladas e bossas tingidas de jazz, mas não parece em qualquer momento monocórdio. Muito longe disso ! João burilou cada melodia, e dentro de seu campo, nós sabemos que isso é da ordem dos ourives. Pintura (J.Bosco/ Carlos Rennó), Perfeição e Desnortes já despontam como clássicos. Essas duas últimas compostas em parceria com seu filho – o letrista e escritor Francisco Bosco – que colabora com seu pai desde « As Mil e uma aldeias » (1997).
O álbum traz igualmente o retorno da colaboração de Aldir Blanc em quatro faixas. Uma dupla - autores de dezenas de clássicos – que data da estréia da carreira de João, em 1972. Uma parceria que continua também emblemática da MPB como resistente à ditadura, assim como o foi o duo Ivan Lins/ Vitor Martins.
João Bosco não acelera o ritmo, a não ser em raras ocasiões como na salsa Tanajura (J.Bosco/ F.Bosco), no samba Sonho de caramujo, ou no brilhante Jimbo no jazz (J.Bosco/ Nei Lopes), uma faixa percussiva afro-brasileira, típica do universo musical do artista. O álbum é simplesmente brilhante, e assim como na capa, João impôe-se de uma tacada, dando o melhor de si mesmo tanto quanto guitarrista, intérprete e compositor. Um mestre da MPB em cada um de seus campos.


samedi 12 septembre 2009



Segunda parte do programa divulgada sobre as ondas de Rádio Judaica o 7 de Setembro, às 15:15 (hora Brasilia)
Deuxième partie de l'émission divulguée sur Radio Judaica, le 7 septembre, à 20h15

-ZÉLIA DUNCAN : « Boas razões » (Alex Beaupain/ Zélia Duncan)
-JOÃO BOSCO : « Perfeição » (J.Bosco/ Francisco Bosco)
-Medley : GUINGA & PAULO SÉRGIO SANTOS// LEILA PINHEIRO : « O Côco do côco » (Guinga/ Aldir Blanc)
-FERNANDA CUNHA : « O Primeiro jornal » (Suely Costa/ Abel Silva)
-NÁ OZZETTTI : « O Samba e o tango » (Amado Regis)
-FERNANDA TAKAI : « Com açúcar com afeto » (Chico Buarque)
-CHICO CÉSAR : « Girassol » (Chico César)
-ALCEU VALENÇA : « Como dois animais » (Alceu Valença)
-CAETANO VELOSO : « Trilhos urbanos » (Caetano Veloso)
-TIÊ : « Assinado eu » (Tiê)
-MITON NASCIMENTO & BELMONDO : « Canção do sal » (M.Nascimento)
-MART’NÁLIA : « Entretanto » (Mart’nália/ Mombaça)
-JOÃO BOSCO : « Jimbo no jazz » (J.Bosco/ Nei Lopes)

mercredi 9 septembre 2009

O fenômeno Ana Carolina : 10 anos de carreira.

"...e a platéia parecia bastante aturdida diante daquela bela guerreira
de voz poderosa"
(foto Washington Possato)


(texto traduzido do francês, escrito especialmente para um público francófono que não conhece a cantora)

Isso pode parecer difícil de se imaginar para um brasileiro, mas o nome de Ana Carolina tem pouca ressonância na Europa e nos Estados Unidos. É bem mais provável ter-se a sorte de encontrar na França, por exemplo, o mais recente álbum de Mariana Aydar ou de Vanessa da Mata do que o da cantora de Juiz de Fora (Minas Gerais). Claro que excluindo-se Portugal dessa constatação.
A despeito dos seus recordes de vendas que, no Brasil, deixaram bem para trás seus colegas da MPB tradicional, pode parecer que o plano de carreira de Ana Carolina não tenha previsto uma conquista do mercado estrangeiro. Tanto que através de seu último álbum, « N9ve », é possível até antever alguns sinais de abertura a tanto (ver mais à frente).
Já em 2003, quando eu havia conseguido sem problema todas as entrevistas individuais que eu desejava, pude apenas participar de uma coletiva na qual Ana Carolina apresentou seu álbum « Estampada ». A explicação que me foi dada por seu empresário à época teve o mérito de ser clara : « Nós apreciamos seu interesse pela artista, mas nós não pretendemos distribuir os álbuns da Ana na França e na Bélgica, portanto acho pouco útil tentar organizar um encontro com ela tendo essa finalidade ». É verdade que na época eu ainda não militava nas fileiras das ondas radiofônicas.
Com relação à discografia de Ana Carolina, somente seu cd / dvd em público com Seu Jorge (2005) ficaram restritos a uma distruibuição discreta e mereceram umas poucas linhas por parte da imprensa especializada... graças à presença de Seu Jorge. Mas essa timidez é em sua totalidade bastante compreensível.
Contrariamente a artistas como Marisa Monte, Daniela Mercury, Mariana Aydar, Céu, ou ainda Vanessa da Mata, Ana Carolina pratica uma música brasileira baseada em grande parte nos critérios « pop », muito pouco « exótica » para aguçar a curiosidade dos aficcionados da World Music.
Como me havia dito em entrevista o compositor e cantor Roberto Frejat : « Eu toco uma música influenciada pelo rock inglês e americano, e eu não vejo o porquê de um consumidor estrangeiro interessar-se por um artista que pratica a mesma música que ele já conhece, e ainda por cima cantada em português ». A abordagem musical (sobretudo rítmica) de Ana Carolina me pareceu no entanto profundamente brasileira, mas minha visão sem dúvida alguma já está bem ditorcida depois de tanto tempo.

Foi totalmente por acaso que eu assisti pela primeira vez à Ana Carolina, em 1999, através da transmissão televisiva Bem Brasil, que a consagrou. Esse programa apresentava todo domingo à tarde, veiculado pela TV Cultura, duas apresentações de artistas, captadas ao vivo no Sesc Pompéia de São Paulo. Ana era então praticamente desconhecida do público ; seu primeiro álbum viria a sair na mesma semana, e a platéia parecia bastante aturdida diante daquela bela guerreira de voz poderosa, que já nos havia balançado com Garganta (seu primeiro grande sucesso), Tô saindo, e ainda as versões « viris » de Retrato em branco e preto (Tom Jobim/ Chico Buarque) ou de Alguém me disse (Evandro Gouveia/ Jair Amorim). Ela apresentou um toque de violão percussivo, e surpreendeu a todo mundo ao atacar sozinha com o pandeiro sua composição Armazém. Ana Carolina seguia bem a linha dessa onda feminina dos anos 90, que viu nascer uma geração de cantoras – mas também de compositoras – de personalidade forte, como Cássia Eller, Zélia Duncan e Adriana Calcanhotto - sem esquecer Marisa Monte ou Fernanda Abreu, essas um pouco mais no início daquela década.
Porém, mais que todas as outras, Ana foi a que chegou mais perto dos habituais grandes vendedores de álbuns como Ivete Sangalo e Roberto Carlos (não falo aqui de vendas referentes à musica sertaneja ou de discos de « padres » evangélicos & afins).

« Ana Carolina »
(1999) vem a ser disco de ouro (a partir de 100.000 cópias, na época), e seu segundo álbum « Ana Rita Joana Iracema e Carolina » (2001), foi disco de ouro e de platina. Extraído desse último, Quem de nós dois (Gean Luca Grignani/ Massimo Luca) vem a ser a faixa mais executada no rádio em 2001.
O ano de 2003 será aquele da consagração absoluta para Ana Carolina. Com seu terceiro álbum, « Estampado », ela atinge o apogeu de seu talento, mas talvez também - segundo alguns - seus limites. O álbum é brilhante e contém um número de muitos bons títulos como Vestindo estampado, Encostar na tua, 2 Bicudos ou O Beat da beata. É também o ano do reconhecimento por parte de seus pares. No primeiro dvd de « Estampado » -em parte documentário- a vemos ao lado de Chico Buarque, Maria Bethânia e João Bosco, que não disfarçam sua admiração pela cantora. Ao nível das composições, ela assina parcerias com Chico César, Vitor Ramil, Celso Fonseca e Seu Jorge, ainda que junto com seu velho cúmplice Antônio Villeroy.


Ainda em 2003, através de uma espécie de ritual de sagração, ela reuniu perto de 10.000 pessoas no Claro Hall de Rio de Janeiro, para a gravação de um segundo dvd público.
Pelo fato de ter ido assistir no local, eu posso testemunhar que havia uma certa histeria, atestando que estávamos em plena « Carolinomania ». Um sucesso que começa por sinal a irritar a crítica, de tanto que a artista insiste em não chegar a um meio termo. Ana Carolina tranformou-se numa espécie de cantora barroca, que abusa de efeitos vocais excessivos e que joga com uma subversão um pouco antiquada, ao cantar sua bissexualidade assim com tão pouca sutileza. Mas o sucesso vai crescendo, e o cd/dvd que reúne Ana Carolina e Seu Jorge num concerto acústico em 2005 é novamente ouro e platina, ao passo que, no mesmo ano, a compilação Perfil que é a ele dedicada, ultrapassa os 800.000 exemplares.
Sempre marcada pelo timbre do excesso, Ana Carolina se lança então ao perigoso desafio de apostar num álbum duplo - « Dois quartos ». Mas a inspiração da cantora parece esgotada. A fonte esvaiu-se, e o álbum soa pretencioso e sem fôlego. O público ainda acompanha (disco de platina), mas a crítica se deleita com o declínio. Nesse meio tempo, ela terá assim mesmo ofertado algumas pequenas pérolas de sua criação como Sinais de fogo (c/ Totonho Villeroy) a Preta Gil, Cabide a Mart’nália, Escolher a Luiza Possi, e a muito boa Doida de varrer (c/ Chacall) ao grupo Moinho. « Dois Quartos ao vivo » seguirá o rastro do álbum homônimo em estúdio, e às vésperas de « N9ve », seu mais recente opus, terão sido nada muito menos do que uns três milhões de cd’s que Ana Carolina terá vendido em dez anos de carreira...

Geralmente depois de um prato um pouco pesado demais, a gente se rende a uma canja de galinha para dar algum sossego a nosso estômago. E de certa forma, o álbum « N9ve » é um pouco isso... Depois da overdose de 24 títulos do álbum « Dois quartos », Ana Carolina faz uma dieta ligeira através de um número de faixas inferiror ao que se produz habitualmente. Nove canções, é o bastante... ou é pouco, de acordo com a qualidade destas.
Se « N9ve » não é o álbum da ressureição, ele parece ao menos levar a vantagem de uma convalescença. Pode-se dizer que não é preciso demais para se esperar por tão pouco. Atrás da bela capa minimalista, e a excelente produção de Alê Siqueira e duo Mário Caldato/ Kassin, revela-se um repertório ainda fortemente irregular. 10 minutos (A.C / Chiara Civello)- tango com toques eletrônicos, Era (Ana Carolina)-balada penosa conduzida pelo violoncelo, e Dentro (A.C / Dudu Falcão) –muito previsível- nos batem como frágeis variações de títulos já conhecidos. Em contrapartida, o álbum contém verdadeiras belas surpresas como o samba Torpedo, escrito com Gilberto Gil e Mombaça ; Traição (A.C/ Chiara Civello), composição intimista com acentos jazzísticos ; e o irresistível Tá rindo, é ? (A.C/ Mombaça/ Antônio Villeroy) que nos reporta aos melhores momentos da cantora.
Por outra via, coloca-se a questão do interesse por duetos em inglês (com John Legend, em Entreolhares) ou em italiano (Resta, com Chiara Civello), se é que isso não é justamente para fazer uma tentativa de por o pé no mercado externo. Artisticamente, isso não se justifica. Em resumo, « N9ve » não converterá os detratores de Ana Carolina –mesmo que ela cante de maneira mais comedida, dosando suas capacidades vocais das quais não se duvida mais ! – e alegrará aos numerosos fãs que já o transformam – o álbum – num sucesso de vendas. Que eles se alegrem : já é previsto o dvd...



Le phénomène Ana Carolina : 10 ans de carrière.

(texto português em breve)

C’est sans doute difficile à croire pour un Brésilien, mais le nom d’Ana Carolina n’a que très peu de résonnance en Europe et aux Etats-Unis. Il est bien plus aisé de trouver en France, par exemple, le dernier album de Mariana Aydar ou de Vanessa da Mata que celui de la chanteuse de Juiz de Fora (Minas Gerais). Il faut bien sûr exclure le Portugal de ce constat.

Malgré des records de ventes qui, au Brésil, laissent loin derrière ses collègues de la MPB traditionnelle, il semblerait que le plan de carrière d’Ana Carolina n’ait pas prévu une conquête du marché étranger. Quoi que son dernier album « N9ve » pourrait laisser entrevoir quelques signes d’ouverture (voir plus loin).
Déjà en 2003, alors que j’obtenais aisément toutes les interviews désirées, j’eus droit tout au plus à une conférence de presse durant laquelle Ana Carolina présentait son album « Estampada ». La raison qui me fut donnée par son agent artistique de l’époque avait le mérite d’être clair : « Nous apprécions votre intérêt pour l’artiste, mais nous ne prétendons pas distribuer les albums d’Ana en France et en Belgique, d’où l’inutilité d’organiser une telle rencontre ». Il est vrai qu’à l’époque, je n’officiais pas encore sur les ondes radiophoniques, et que l'agenda médiatique de l'artiste était surbooké.

Concernant la discographie d’Ana Carolina, seul son cd/ dvd en public avec Seu Jorge (2005) eut droit à une distribution discrète et à quelques lignes dans la presse spécialisée…dues à la présence de Seu Jorge.Mais cette frilosité est somme toute assez compréhensible.
Contrairement à des artistes comme Marisa Monte, Daniela Mercury, Mariana Aydar, Céu, ou encore Vanessa da Mata, Ana Carolina pratique une musique brésilienne basée en grande partie sur les critères « pop », trop peu exotique pour aiguiser la curiosité des amateurs de World Music.
Comme me le disait en interview le compositeur et chanteur brésilien, Roberto Frejat : « Je joue une musique influencée par le rock anglais et américain, et je ne vois pas pourquoi le marché étranger s’intéresserait à ma musique, qui plus est, chantée en portugais ». L’approche musicale (surtout rythmique) d’Ana Carolina m’apparaît pourtant profondément brésilienne, mais ma vision est sans doute déjà depuis bien longtemps distordue.

Ce fut totalement par hasard que je vis pour la première fois Ana Carolina en 1999, lors de l’émission télévisée Bem Brasil qui lui était consacrée. Ce programme présentait chaque dimanche après-midi sur TV Cultura deux prestations captées en plein air au Sesc Pompéia de São Paulo. Ana était alors pratiquement inconnue du grand public et son premier album venait de sortir la même semaine. Le public semblait assez abasourdi devant cette belle guerrière à la voix puissante qui nous balançait déjà Garganta (son premier gros succès), Tô saindo, ou encore les reprises « viriles » de Retrato em branco e preto (Tom Jobim/ Chico Buarque) ou de Alguém me disse (Evandro Gouveia/ Jair Amorim). Elle démontrait un jeu de guitare percussif, et surprenait tout le monde en attaquant seule au pandeiro, sa composition Armazém. Ana Carolina suivait bien la lignée de cette vague féminine des années 90, qui avait vu naître une génération de chanteuses compositrices à forte personnalité comme Cássia Eller, Zélia Duncan, Adriana Calcanhotto, sans oublier Marisa Monte ou Fernanda Abreu un peu plus tôt dans la décennie.
Mais plus que toutes les autres, elle allait très tôt chatouiller de près les habituels gros vendeurs d’albums comme Ivete Sangalo ou Roberto Carlos (je ne parle pas ici du marché de la musique sertaneja ou des albums des « padres » évangéliques ou autres).
« Ana Carolina » (1999) sera disque d’or (à partir de 100.000 examplaires à l’époque), et son deuxième album « Ana Rita Joana Iracema e Carolina » (2001), disque d’or et de platine. Extrait de ce dernier, Quem de nós dois (Gean Luca Grignani/ Massimo Luca) sera le titre le plus exécuté en radio en 2001.

L’année 2003 sera celle de la consécration absolue pour Ana Carolina et d’une médiatisation tout azimuth. Avec son troisième album « Estampado » (ici à droite), elle atteint l’apogée de son talent, mais peut-être aussi –selon certains- ses limites. L’album est brillant et contient son lot d’excellents titres comme Encostar na tua, O Beat da beata, Vestindo estampada, 2 Bicudos, et d’autres. C’est aussi l’année de la reconnaissance de ses pairs. Sur son premier dvd « Estampado » -en partie documentaire- on la voit aux côtés de Chico Buarque, Maria Bethânia, ou João Bosco, qui ne cachent pas leur admiration pour la chanteuse. Au niveau des compositions, elle signe des collaborations avec Chico César, Vitor Ramil, Celso Fonseca, Seu Jorge, ainsi qu'avec Totonho Villeroy, complice de la première heure.

La grand messe d'Ana Carolina, en 2003, au Claro Hall de Rio de Janeiro.

Toujours en 2003, tel un sacre, elle réunit près de 10.000 personnes au Claro Hall de Rio de Janeiro, pour l’enregistrement d’un second dvd en public. Pour y avoir assisté, je peux témoigner qu’une certaine hystérie attestait qu’on était en pleine Carolina-mania. Un succès qui commence d’ailleurs à irriter la critique d’autant que l’artiste ne fait pas dans la demi-mesure. Ana Carolina devient en quelque sorte une chanteuse baroque, qui abuse d’effets vocaux excessifs et qui joue d’une subversion un peu surannée, en chantant sa bisexualité avec assez peu de subtilité. Mais le succès va croissant et le cd/dvd qui réunit Ana Carolina et Seu Jorge en concert acoustique en 2005 est à nouveau d’or et de platine, tandis que la même année la compilation « Perfil » qui lui est dédiée dépasse les 800.000 exemplaires.

Toujours marqué par le sceau de l’excès, Ana Carolina se lance alors dans le périlleux défi de sortir un double album –« Dois quartos ». Mais l’inspiration de la chanteuse semble épuisée. La source est tarie et l’album paraît prétentieux et poussif. Le public suit toujours (disque de platine), mais la critique se fait une joie de la crucifier. Entre-temps, elle aura quand même offert quelques petits bijoux de sa création comme Sinais de fogo (c/ Totonho Villeroy) à Preta Gil, Cabide à Mart’nália, Escolher à Luiza Possi, ou le très beau Doida de varrer (c/ Chacall) au groupe Moinho. « Dois Quatos ao vivo » suivra l’album studio homonyme et à la veille de « N9ve », son dernier opus, ce ne seront pas loin de trois millions de cd’s qu’Ana Carolina aura vendus en dix années de carrière…

Généralement après une feijoada un peu lourde, on se rabat le lendemain sur un bouillon de poule pour demandé pardon à son estomac. Et bien l’album « Nove », c’est un peu ça…Après la surdose des 24 titres de l’album « Dois quartos », Ana Carolina fait une diète légère avec un nombre de titres inférieure à ce qui se produit habituellement. Neuf chansons, c’est suffisant… ou c’est peu selon la qualité de celles-ci.
Si « N9ve » n’est pas l’album de la résurrection, il s’apparente d’avantage à celui de la convalescence. C’est-à-dire qu’il ne faut pas trop en attendre non plus. Derrière la très belle pochette classieuse et l’excellente production de Alê Siqueira et du duo Mário Caldato/ Kassin, se révèle un répertoire encore fort irrégulier. 10 minutos (A.C / Chiara Civello)- tango aux touches électroniques- Era (Ana Carolina) -ballade laborieuse emmené par le violoncelle- ou Dentro (A.C / Dudu Falcão) –très convenu-, nous apparaissent comme de faibles déclinaisons de titres déjà entendus. En contrepartie, l’album contient de vraies bons moments comme la samba Torpedo écrite avec Gilberto Gil et Mombaça ; Traição (A.C/ Chiara Civello) composition intimiste aux accents jazzy ; et le très bon Tá rindo,é ? (A.C/ Mombaça/ Antônio Villeroy) qui nous ramène aux meilleurs heures de la chanteuse.
Par contre, on se pose la question de l’intérêt des duos en anglais (avec John Legend sur Entreolhores) ou en italien (Resta avec Chiara Civello), si ce n’est justement pour faire un appel du pied au marché étranger. Artistiquement, cela ne se justifiait pas...
En conclusion, « N9ve » ne convertira pas les détracteurs d’Ana Carolina (même si elle y chante de manière plus mesurée, dosant ses capacités vocales dont on ne doute plus !) et ravira les nombreux fans qui en font déjà un succès de vente. Qu’ils se rassurent, le dvd est déjà en prévision…

En vidéo: "Garganta" joué live en 2003 à Rio, et "Torpedo" en vidéo/audio.



mardi 8 septembre 2009




Primeira parte do programa divulgada sobre as ondas de Rádio Judaica o 7 de Setembro, às 15:15 (hora Brasilia)
Première partie de l'émission divulguée sur Radio Judaica, le 7 septembre, à 20h15.

BLOCO 1 :

-PEDRO MARIANO : « Três moedas » (Frejat/ George Israel/ M.S.Cécília)

-ED MOTTA & JOÃO DONATO : « Bye bye Brasil » (Roberto Menescal/ Chico Buarque)
-NEI LOPES : « Chutando o balde » (Nei Lopes)
-ALINE CALIXTO : « Enfeitiçado » (Affonsinho)
-ANA COSTA & MARTINHO DA VILA : « Coisas simples » (Cláudio Jorge/ Elton medeiros)
-MARCOS SACRAMENTO : « Dia santo também » (Paulo Padilha)
-CÁSSIA ELLER : « Partido alto » (Chico Buarque)
-WILSON SIMONAL : « Não vem que não tem » (Carlos Imperial)
-RODRIGO BITTENCOURT : « Ipanema Inn » (Rodrigo Bittencourt)
-CRIS AFLALO : « Tudo que respira quer comer » (Carlos Careqa)
-ANA CAÑAS : « Na multidão » (A.Cañas/ Liminha/ Arnaldo Antunes)
-PITTY : « Fracasso » (Pitty)
-LUIZA POSSI : « Vou adiante » (Lokua Kanza/ Frederique Alie/ Chico César)

jeudi 3 septembre 2009

En écoute aujourd’hui: Maria Gadú.


(texte français, texto português traduzido do francês)

Je suppose que c’est un réflexe humain que d’approcher avec suspicion une jeune artiste dont on loue les talents sans retenues depuis plusieurs mois. La peur d’être déçu sans doute, ou encore d’être victime d’une intelligentsia mondaine -carioca ou paulista- qui se cherche quelques sensations artistiques. Que ce soit certains artistes confirmés (comme Caetano Veloso) ou l’ensemble des journalistes spécialisés –quels que soient leurs styles de prédilection- tous sans exception se sont unis pour dire que nous avions en la personne de Maria Gadú une artiste profondément originale. Et qui était venue pour rester. J’ai voulu volontairement m’éloigner des sources sonores tel Myspace, Youtube ou autre média virtuel, pour attendre patiemment d’apprécier (ou non) le premier album de cette jeune paulista au style décontracté et au look « à la garçonne ». Et pour parler de l’album, ou plutôt de son « habillage », on a rarement vu un aussi bel objet, soigné et luxueux. Preuve que le label Slap /Som livre semble miser beaucoup sur la nouvelle révélation 2009. Ces considérations externes mises à part, le but n’étant pas de me distinguer à tout prix (ou de « faire mon intéressant » comme on dit à Bruxelles), c’est avec joie que je me joins à ces jugements enthousiastes. Et avec d’autant plus de plaisirs qu’il devient difficile de vibrer pour une scène brésilienne globalement fort apathique ces derniers temps.

Maria Gadú est une vraie belle surprise, et son album, un des plus agréables qu’il m’ait été donné d’écouter cette année. Cette jeune artiste de 22 ans nous dévoile son monde musical sans aucun complexe en nous livrant pas moins de 8 compositions sur les 13 titres que contient son premier album. Fait très rare chez les jeunes chanteuses qui osent se lancer dans l’écriture musicale, la qualité est au rendez-vous. Parmi ses créations, Bela Flor, tout comme Shimbalaiê ou Lounge, nous plonge dans une légèreté et une fraîcheur qu’une Vanessa da Mata a perdus depuis longtemps. Le ton est presque bucolique, parfois, comme sur Tudo diferente (André Carvalho) Bien sûr s’il faut évoquer une autre chanteuse, l’ombre de Marisa Monte plane au-dessus du chorinho Altar particular (Gadú) ou Linda Flor (Gugu Peixoto/ Luis Kiari), chansons dont les inclinaisons mélodiques rappellent certains titres de la brune carioca. Pour le reste, Maria Gadú possède une voix réellement originale, délicieusement voilée.
Au Brésil, cela fait plusieurs semaines que les radios ont marqué leurs préférences pour Tudo diferente et le délicieux Shimbalaiê - mais Laranjas (Gadú), d’une méchante efficacité, ne sera certainement pas long à suivre. Concernant les reprises, Maria étonne aussi en démontrant un certain culot. Elle enchaîne en fin d’album Baba du répertoire « teenage » de Kelly Key -joué en clin d’œil de manière acoustique- à A Historia de Lily Braun de Chico Buarque et Edu Lobo. Son timbre bluesy s’adapte parfaitement à ce titre, que l’on connaissait à travers la voix cristalline de Gal Costa. Enfin Maria Gadú reprend Ne me quittes pas de Jacques Brel (qui veut expliquer aux Brésiliens que Brel a composé des centaines de chansons, et pas des moindres ?), et ceci avec beaucoup d’audace et d’intelligence. Non pas parce qu’elle en fait un tango, mais surtout parce que la jeune artiste propose un arrangement vocal à deux et trois voix pour cette chanson généralement interprétée comme un triste monologue. On est loin de la version de Maysa, mais c’est une réussite ! Et enfin on comprend ce qu’elle dit ! L’impression qui nous reste au sortir de l’album, c’est que Maria Gadú nous a offert un répertoire de qualité d’une manière naturelle et spontanée, et qu’une telle aisance ne peut qu’annoncer les prémisses d’une belle carrière.


Escutando hoje : Maria Gadú.

Eu suponho que faz parte da natureza humana aproximar-se com cautela de uma jovem artista a quem a gente cultua ao longo de vários meses seguidos. Pelo medo da gente se decepcionar, sem dúvida, ou ainda de se tornar vítima de alguma « intelligentsia » mundana - carioca ou paulista – que busca sempre eleger alguma nova revelação « cult » no mundo artístico. Quer seja por parte de certos artistas consagrados (como Caetano Veloso), quer pela quase totalidade dos jornalistas especializados – de acordo com suas próprias preferências musicais - todos sem exceção se unem para dizer que temos na pessoa de Maria Gadú uma artista profundamente original. E que veio para ficar. Eu voluntariamente me abstive de recorrer a fontes sonoras tais como o Myspace, o Youtube, ou qualquer outra mídia virtual, para esperar pacientemente e apreciar (ou não) o primeiro álbum dessa jovem paulista, de estilo descontraído e com um visual « à la garçonne ». E para falar do álbum, e sobretudo de sua « roupagem », raramente viu-se um objeto tão bonito para um primeiro disco, bem cuidado e luxuoso. Prova de que o selo Slap/Som livre aposta alto nessa revelação de 2009.
Deixando essas considerações externas à parte, a questão não é tanto a de me distinguir a qualquer preço, e é com alegria que me alinho a esses julgamentos entusiásticos. E é também na mesma medida que a mim parece difícil vibrar com um cenário musical brasileiro em termos gerais bastante apático como o que se apresenta nos últimos tempos.

Maria Gadú é mesmo uma bela surpresa, e seu álbum um dos mais agradáveis que vim a escutar esse ano. Essa jovem artista de 22 anos nos revela seu universo musical com a maior naturalidade, sem qualquer cerimônia, ao nos apresentar não menos de 8 composições dentre as 13 faixas. Coisa rara, essa, de se encontrar dentre as jovens cantoras que se arriscam a compor, esse grau de qualidade já tão evidente. Dentre suas criações, Bela Flor, tanto quanto Shimbalaiê e Lounge, nos leva a mergulhar numa ligeireza e frescor que uma Vanessa Da Mata veio a perder ao longo do tempo. O tom é quase bucólico, por vezes, como em Tudo diferente (André Carvalho). E no caso de se evocar uma outra cantora, um reflexo de Marisa Monte desponta no chorinho Altar particular (Gadú) e em Linda Flor (Gugu Peixoto/ Luis Kiari), canções nas quais as inclinações melódicas evocam certos títulos da morena carioca. No mais, Maria Gadú é dona de uma voz realmente original, deliciosamente enevoada. No Brasil, já faz algumas semanas que as rádios demonstram suas preferências por Tudo diferente e o delicioso Shimbalaiê – e ainda por vir Laranjas (Gadú), de uma maliciosa eficácia, que certamente será também eleita muito em breve. Com relação às composições alheias, Maria também nos deixa espantados ao demonstrar uma certa ousadia. Ela interpreta no final do álbum Baba, do repertório « teenage » de Kelly Key – performada no melhor estilo voz & violão – como em A Historia de Lily Braun, de Chico Buarque e Edu Lobo. Seu timbre meio « blues » se adapta perfeitamente a esse título, que nos é dado a conhecer através da voz cristalina de Gal Costa. E por fim, Maria Gadú resgata Ne me quittes pas, de Jacques Brel (quem se habilita a explicar aos brasileiros que Brel compôs centenas de canções geniais, e não só essa ?), e aqui o faz com bastante audácia e inteligência. Não porque ela a cante como a um tango, mas sobretudo porque a jovem artista propõe um arranjo vocal a duas e a três vozes para uma música geralmente apresentada como um triste monólogo. Está longe da versão de Maysa, mas cumpre a sua missão com sucesso ! E permite que até nós, francófonos, finalmente entendamos o que diz a sua letra ! A impressão que nos fica ao terminar o álbum é a de que Maria Gadú nos brindou com um repertório de qualidade, interpretado de forma natural e espontânea, e que tal desenvoltura vem simplesmente explicitar as premissas básicas para se fazer uma bela carreira.


mercredi 2 septembre 2009

En écoute aujourd’hui : Pedro Mariano.


(texte français, texto português traduzido do francês)

À la date du 31 mai 2009, j’avais écrit une biographie succincte sur l’excellent chanteur pop soul qu’est Pedro Mariano. Ceci dans le contexte d’un post consacré à l’âge d’or du label Trama de São Paulo (1998-2004) auquel il appartenait. Concernant « Incondicional » qui venait de sortir – mais que je n’avais pas encore écouté-, j’avais noté ceci (c’est toujours gratifiant de citer sa prose !) :
« En 2004, Pedro Mariano est contracté par EMI et enregistre « Incondicional », un album qui ne verra jamais le jour car il ne correspond pas aux souhaits de la maison de disques. Et c’est donc 5 ans plus tard, que sur son propre label Nau, l’artiste lance en 2009 cet album d’inédits…Ou comment faire du neuf avec de l’ancien ! » … « Les qualités d’interprète de Pedro Mariano (ainsi que sa belle gueule !) en font un chéri du public carioca et de São Paulo, où il remplit les salles sans la moindre difficulté. Reste à l’artiste à se montrer exigeant quant aux choix de son répertoire car, au pays où les chanteuses sont reines, il serait dommage qu’un interprète masculin de sa trempe ne soit pas au service d’un répertoire de qualité. »

Et donc à l’écoute de ce nouvel album « ancien », le sentiment du fan sera d’entendre une collection de chansons connues, puisque Pedro Mariano a déjà eu l’occasion à maintes reprises de présenter ce répertoire, dont certains titres se retrouvent d’ailleurs sur son dvd « Pedro Mariano ao vivo » (2005). C’est le cas pour le très efficace Três moedas (Frejat/ George Israel/ Mauro Santa Cecília), ou de Colorida e bela, magnifique composition de Jair Oliveira. Ces deux titres -avec Simplesmente (Samuel Rosa/ Chico Amaral)- forment un tir groupé qui ouvre l’album en grand style. Hélas, l’enthousiasme retombe un peu par la suite, sans que l’on soit forcément confronté à du mauvais. Juste du fort banal. Mais soyons honnêtes, au sortir de l’album, le solde nous paraît plutôt positif, grâce à la production impeccable de Pedro et Otávio de Moraes et toujours -au risque de me répéter- à la grande qualité d’interprétation de l’artiste. Sur les 14 titres de l’album, on pointera encore quelques belles plages comme Proxima atração (Marcos e Paulo Sergio Valle), A Casa da dor (Jair Oliveira) chanté avec Luciana Mello, et la belle reprise de A Medida da Paixao de Lenine et Lulu Falcão.


Escutando hoje : Pedro Mariano

Em 31 de maio de 2009, eu havia escrito uma biografia sucinta sobre o excelente cantor pop / soul que é Pedro Mariano, no contexto de um post dedicado à era de ouro do selo Trama, de São Paulo (1998-2004), ao qual ele pertencia. Com relação a « Incondicional », que foi lançado esse ano – mas que eu não tinha escutado ainda – eu já o havia citado (é sempe gratificante a gente poder citar os seus proprios textos !) :
…« Em 2004, Pedro Mariano é contratado pela EMI e grava « Incondicional », um álbum que não conhecerá jamais a luz do dia, uma vez que ele não corresponde aos anseios das gravadoras. E é assim que, cinco anos mais tarde, sob seu próprio selo – Nau - o artista lança em maio de 2009 esse álbum de inéditos... Ou seja : começar tudo de novo a partir do antigo ! » (…) « As qualidades de intérprete de Pedro Mariano fazem dele muito querido dos públicos tanto do Rio quanto de São Paulo, onde lota as salas de epetáculos com a maior facilidade. Cabe apenas ao artista mostrar-se mais exigente no tocante à escolha de seu repertório, uma vez que, no país onde as cantoras são rainhas, é um desperdício que um intérprete masculino de seu calibre não esteja a serviço de um repertório de qualidade. »...

É isso aí... E então, ao escutar esse novo "antigo" álbum a impressão que terão os fãs de Pedro será a de estarem ouvindo uma coleção de canções conhecidas, posto que Pedro Mariano já teve a oportunidade de por muitas vezes repetir esse mesmo repertório, a partir do qual certos títulos são encontrados também em seu dvd « Pedro Mariano ao vivo » (2005). É o caso da bastante eficiente Três moedas (Frejat/ George Israel/ Mauro Santa Cecília), ou de Colorida e bela, magnífica composição de Jair Oliveira. Esses dois títulos, junto com Simplesmente (Samuel Rosa/ Chico Amaral), são um tiro certeiro que abre o álbum em grande estilo. Mas eis que, de repente, o entusiasmo em seguida sai um pouco de cena, mas sem que o trabalho soe forçosamente ruim. Simplesmente muito banal. Mas sejamos honestos : ao terminarmos a audição do álbum, o saldo nos parece bem positivo, graças à produção impecável de Pedro e Otávio de Moraes ; e também – correndo aqui o risco de ser repetitivo – à alta qualidade de interpretação do artista. Dentre os 14 títulos do álbum, podemos apontar ainda algumas belas faixas como Próxima atração (Marcos e Paulo Sergio Valle), A Casa da dor (Jair Oliveira) – interpretada junto com Luciana Mello – e a bela reedição de A Medida da Paixão, de Lenine e Lulu Falcão.

Vidéos amateurs de "Três moedas" et de "Simplesmente" qui valent surtout pour le son...
Videos amadores que valem mais pelo som do que pelas imagens...


mardi 1 septembre 2009




BLOCO 1

-IVAN LINS & METROPOLE ORCHESTRA : « Daquilo que eu sei » (Ivan Lins/ Vitor Martins)
-MARIA GADÚ : « Bela Flor » (Maria Gadú)
-DIOGO NOGUEIRA : « Tô fazendo a minha parte » (Flavinho Silva/ Gilson Bernini)
-Medley : MARIA RITA/ ARLINDO CRUZ : « O Que é o amor » (A.Cruz/ Maurição/ F.Camacho)
-ZÉLIA DUNCAN : « Tudo sobre você » (John Ulhoa/ Zélia Duncan)
-FERNANDA TAKAI : « Kobune (O Barquinho) » (R.Menescal/ R.Boscoli/ R.Itoh)
-CLAUDIA TELLES : « Quem sabe você » (Roberto Menescal/ Abel Silva)
-DIANA KRALL : « So nice » (Marcos & Paolo Sérgio Valle/ Norman Gimbel)
-ANDRÉ LEMOS : « M.A.R.A.I. » (André Lemos/ Dani Ribeiro)
-NANDO REIS : « Hi, Dri ! » (Nando Reis)
-LENINE : « Jacksoul brasileiro » (Lenine)
-IVETE SANGALO & MARCELO CAMELO : « Teus olhos » (Marcelo Camelo)
-MARIA GADÚ & LEANDRO LÉO : « Laranja » (Maria Gadú)

Bientôt/ Logo no bloco 2 : Pedro Mariano, Ana Carolina, Mart’nália, Aline Calixto, Ana Costa, Marcos Sacramento, António Zambujo, Fernanda Cunha, Ná Ozzeti, Vanessa Da Mata, Chico Buarque, Lula Queiroga, Rodrigo Bittencourt, Titãs, Rita Lee.

CE BLOG EST DÉDIÉ AUX CURIEUX QUI AIMERAIENT CONNAÎTRE L'ART ET LA MUSIQUE POPULAIRE BRÉSILIENNE. UNE OCCASION POUR LES FRANCOPHONES DE DÉCOUVRIR UN MONDE INCONNU OU IL EST DE MISE DE LAISSER SES PRÉJUGES AU VESTIAIRE.