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lundi 4 mai 2009

En écoute aujourd’hui : Nana Caymmi.

(texto português em baixo)

Mais avant…


Des centaines de blogs musicaux et d’articles de chroniqueurs culturels sont déjà montés au créneau pour débattre du fait de savoir si le dernier Caetano Veloso (ph. Daniel A.) était une œuvre digne de son vénérable auteur. Cela constitue –je trouve- beaucoup d’énergie et de temps gaspillé qu’on pourrait dédié à de nouveaux talents qui mériteraient notre attention. Je crois qu’il faut laisser passer l’orage car de toute façon, pour l’instant, les avis concernant le dernier album du bahianais, « Zii e Zie », sont emprunts de sentiments quelque peu exacerbés. Ceux qui le trouvent bon crient au génie, et ceux qui le trouvent moyen, prennent plaisir à dire qu’il est lamentable. Mesdames, messieurs, il nous faut raison garder ! Outres le fait que je le trouve largement meilleur que « Cê » (2007), je crois que « Zii e Zie » est un album qui donnera le meilleur de lui-même après la patine de quelques écoutes encore. Un peu comme quand, l’année dernière, j’étais prêt à ranger au placard l’album « Labiata » de Lenine. Avec une certaine patience et une longue mastication, cet album me révéla toute sa force intérieure et devint un de mes albums de chevet de l’année écoulée. Il n’y a plus qu’à espérer que le disque du « doux barbare », entouré de son groupe Cê, me révèle la même surprise…

Gilberto Gil console Nana aux funérailles de son illustre père, Dorival Caymmi (1914-2008)

Autre nouvel album d’une icône de la MPB, « Sem poupar coração » de Nana Caymmi, vient de sortir de presse. On aurait été indulgent envers la grande interprète si cet album d’inédits qu’on attendait depuis «Desejo » (2001), s’était révélé un album simplement raisonnable. Les admirateurs de la grande chanteuse se seraient déjà réjouis du fait qu’elle n’avait pas définitivement abandonné sa carrière après le décès en août dernier de sa légende de père, véritable patrimoine musical du Brésil : Dorival Caymmi (1914-2008). Comme dans les plus belles histoires d’amour, sa veuve Stella Maris l’avait rejoint dans l’au-delà quelques jours plus tard. C’est dire si le retour de Nana n’était pas prévu pour si tôt. Mais il semble au contraire que cette double et douloureuse disparition ai poussé la diva a retrouver les studios d’enregistrements tel un hommage urgent. « Chers parents, j’ai chanté pour vous avec beaucoup de nostalgie », écrit-elle dans le livret. Comme pour l’album de Caetano, on a pu lire des approches très différentes à propos de cet album. Certains le trouvant romantique à l'excès, dominé par de trop nombreux boléros, un style qui –on devrait pourtant le savoir- a toujours marqué le répertoire de Nana. C’est un jugement sans doute dû à une écoute trop rapide et peu attentive de l’album. En ces temps de ‘fast food music’, c’est un dommage collatéral fréquent. D’autres critiques, très enthousiastes, affirment à l’opposé qu’il s’agit du meilleur album jamais enregistré par la chanteuse, occultant par la même de nombreux disques essentiels de l’interprète, principalement ceux des années septante qui -même avec des chiffres de vente modestes- l’ont imposée comme une des plus grandes interprètes du Brésil. Mais oui, « Sem poupar coração » est indiscutablement un des grands albums de sa discographie. Nana Caymmi fait partie de ces rares artistes pour lesquels le qualificatif de « sans surprise » constitue le label de qualité par excellence. Comme pour la pochette…Ou comme la sublime et classique entrée des accords au piano qui ouvre l’album avec la plage titulaire signée par Dori Caymmi et Paulo César Pinheiro. Soyons grandiloquents aussi…C’est alors que je m’agenouille et que je rentre en religion musicale ! Sa voix est restée en tout point sublime, toujours dominée par une technique hallucinante. Et avec une empreinte vocale (terme très à la mode) qui n’appartient qu’à elle, tout en émotion contenue. Une grande partie du répertoire se révèle d’une grande beauté : Contadições (Cristovão Bastos/ Aldir Blanc), Senhorinha (Guinga/ Paulo César Pinheiro), Dúvida (Márcio Ramos), le magnifique Confissão (Antonio Carlos Bigonha/ Simone Guimarães) et Pra quem ama demais (Fátima Guedes), forment une épine dorsal composée de titres au format classique mais d’une belle et grande sophistication mélodique. L’art de Nana n’en demande pas plus…Des grandes chansons ! « Sem poupar coração » n’en manque pas, même si l’album pêche un peu sur les trois derniers titres dispensables. J’attends toujours la loi urgente qui imposera aux artistes de ne jamais dépasser 12 titres par albums !

Le clan Caymmi à Rio dans les années 80: Danilo, Dori, Dorival et Nana.

Epilogue...


En relisant pour l’occasion la liste qu’avait édité le magazine Rolling Stones Brasil en octobre dernier, qui était censé rendre compte des 100 artistes les plus importants du Brésil, je remarquais -entre autres étrangetés inhérentes à ce genre de classements- que Nana ne participait pas de la fête, contrairement à d’autres grandes interprète traditionnelles de la Musique Populaire Brésilienne moderne. Bien sûr Nana n’a jamais eu la sensualité glamour de Gal Costa (années 70) ; l’extraversion et la théâtralité d’une Elis Regina (1945-1982) ; l’aura solaire d’une Clara Nunes (1943-1983), ou la « brasilianité » d’une Maria Bethânia. Nana Caymmi n’est pas une chanteuse de show, mais plutôt de récital dans la tradition de Dolores Duran (1930-1959) ou de Maysa (1936-1977), ces grandes chanteuses de samba-canção et de boléros…Ceci explique cela...

Texto português traduzido do francês destinado aos leitores aprendizes.

Escutando hoje : Nana Caymmi.

Mas antes…

Centenas de blogs musicais e dezenas de artigos de cronistas culturais já estão se dedicando fervorosamente ao debate sobre o fato do mais recente disco de Caetano Veloso ser uma obra digna de seu venerável autor. Isso representa – creio eu – muita energia e tempo perdidos que poderiam ser direcionados aos novos talentos que mereceriam a nossa atenção.
Eu acho que é melhor deixar passar essa agitação, por um instante, em torno desse álbum do baiano, « Zii e Zie », já que todas as opiniões estão carregadas de sentimentos um tanto exacerbados. Há os que o consideram bom mas que gritam de tudo quanto e lado que é genial, e aqueles que o acham médio, movidos pelo prazer de dizer que é lamentável. É preciso manter a cabeça fria ! Algo me faz acreditar que o considero muitíssimo melhor do que « Cê » (2007) ; mas eu acho que « Zii e Zie » é um álbum que dará o melhor de si com a pátina do tempo e de mais algumas audições. Um pouco como quando, no ano passado, eu estava prestes a arquivar o álbum « Labiata », de Lenine. Munido de uma certa paciência, e após uma longa ruminação, esse disco me revelou toda a sua força interior e veio a ser um dos melhores álbums de 2008. Fico então no aguardo de que o disco do « doce bárbaro », cercado por sua Banda Cê, me revele a mesma surpresa...

Outro novo álbum de um ícone da MPB : « Sem poupar coração », de Nana Caymmi. A princípio, a gente já teria sido indulgente se esse álbum de inéditos lançado depois de «Desejo » (2001), viesse a se revelar um disco simplesmente razoável. Os admiradores da grande cantora se regozijariam pelo fato dela não ter abandoado definitivamente sua carreira após a morte, em agosto passado, de seu lendário pai, verdadeiro patrimônio musical do Brasil : Dorival Caymmi (1914-2008). Como nas belas histórias de amor, sua viúva Stella Maris juntou-se a ele « do lado de lá » alguns dias mais tarde. Comenta-se que o retorno de Nana não era previsto de todo. Mas parece que, ao contrário do esperado, essas dolorosas perdas incentivaram a diva a retornar aos estúdios de gravação como uma homengem urgente. « Papai e mamãe, cantei pra vocês com muita saudade » - é o que está escrito no livreto do cd.

Assim como para o disco de Caetano, eu pude ler diversas abordagens acerca desse álbum. Alguns o acharam romântico demais, dominado por um número excessivo de boleros, um estilo que – e se deveria hoje se saber – sempre marcou o repertório de Nana. Trata-se sem dúvida de um julgamento devido à uma escuta pouco cuidadosa e rápida demais. Nesses tempos de música « fast food », é um efeito colateral frequente. As outras críticas, muito estusiásticas, afirmam justamente o oposto : que se trata do melhor álbum jamais gravado pela cantora, fazendo sombra inclusive aos numerosos discos essenciais da intérprete, principalmente aqueles dos anos setenta, que mesmo registrando um número de vendas moderado, a projetaram como uma das maiores intérpretes do Brasil.

Mas sim, « Sem poupar coração » é indiscutivelmente um grande álbum de sua discografia.
Nana Caymmi fez parte dessas raras artistas para as quais a qualificação de « sem surpresas » configura-se um atestado de qualidade por excelência. Como pela caixa ... Ou como pela sublime e clássica entrada dos acordes ao piano que abrem o álbum com a faixa titulo de Dori Caymmi e Paulo César Pinheiro. Sejamos grandiloquentes também... É aqui que entro na questão da « religiosidade musical »... Sua voz é pontuada de todo pelo sublime, sempre dominada por uma técnica alucinante. E com um selo vocal que já é parte inerente a ela mesma, concentrando toda a emoção. Uma grande parte do repertório revelou-se de uma grande beleza : Contadições (Cristovão Bastos / Aldir Blanc), Senhorinha (Guinga / Paulo César Pinheiro), Dúvida (Márcio Ramos), a magnífica Confissão (Antonio Carlos Bigonha / Simone Guimarães) e Pra quem ama demais (Fátima Guedes) formam uma espinha dorsal composta de títulos no formato clássico para além de uma bela e grande sofisticação melódica. A arte de Nana não demanda muito... Só grandes canções ! « Sem poupar coração » não carece dessas, mesmo que o disco peque no final das contas por uma certa platitude. Insisto a aguardar a lei que impedirá aos artistas de colocar mais de 12 faixas por discos !

P.S : Pela ocasião, dei uma olhada de novo na lista editada pela revista Rolling Stone Brasil em outubro passado, através da qual fiquei a par dos 100 artistas classificados como os mais importantes do Brasil, quando eu percebi – entre outras estranhezas inerantes a esse tipo de inventário – que Nana não participava da festa, ao contrário de outras grandes intérpretes tradicionais da música popular moderna. Certamente Nana Caymmi nunca teve o glamour sensual de uma Gal Costa, a extroversão e a teatralidade de uma Elis Regina (1945-1982), a solaridade de uma Clara Nunes (1943-1983), ou a « brasilianidade » de uma Maria Bethânia. Nana não é uma cantora de show, mas acima de tudo de recitais dentro da tradição de Dolores Duran (1930-1959) ou de Maysa (1936-1977), essas grandes cantoras de samba-canção e de boleros... Isso pode explicar o ocorrido nesse caso...


En Vidéo: Nana Caymmi et César Camargo Mariano: "Se queres saber" (Peter Pan)---
Nana Caymmi et Dori Caymmi: "Medley" (1996)



samedi 18 avril 2009

Souvenir gravé : "Três meninas do Brasil".

Um novo Grande Encontro: Jussara, Rita e Teresa (foto Daniel A.)

(texto português em baixo)

Le 24 août dernier à Rio, tandis que j’hésitais entre la corde et le gaz pour ne pas avoir réussi à obtenir un ticket pour voir João Gilberto commémorer les 50 ans de la Bossa Nova, "trois jeunes filles du Brésil" me redonnèrent goût à la vie –et surtout foi en la MPB - en m’offrant au Théâtre Municipal de Niterói un des shows les plus réjouissants de 2008. Ce soir-là, Jussara Silveira, Rita Ribeiro et Teresa Cristina, s’étaient réunies pour enregistrer le dvd d’une tournée qu’elles avaient emmenée un peu partout dans le pays : « Três meninas do Brasil » (de la chanson de Moraes Moreira et Fausto Nilo).


Teresa Cristina: "Cantar..." (photo Daniel A.)

Mettons les choses au clair directement, nous sommes ici en présence de jeunes divas déjà bien installées sur la scène de la musique populaire brésilienne, et non pas –comme j’ai pu le lire çà et là- en présence de trois chanteuses de la nouvelles génération. Ce sont des artistes d’expériences à la personnalité affirmée qui se sont déjà forgées une carrrière, et qui n’ont plus rien à nous prouver. L’idée de la réunion de ces trois brillantes artistes vient de l’idée de Teresa Cristina, et aurait pris forme sous l’impulsion de la production d'Elza Ribeiro, la soeur de Rita.
« Três meninas… » nous enthousiasme par le voyage musical qu’il nous propose à travers tout le Brésil. D’abord par le fait des chanteuses elles-mêmes, venues de régions et d’univers différents. Chaque interprète tient ici son rôle, dicté simplement par sa personnalité : Jussara, la sensuelle bahianaise ; Rita, la guerrière du Maranhão, et Teresa, l’émotive de Rio de Janeiro. En trio, en duo, ou parfois seules, elles visitent un répertoire coloré qui transpire l’essence même des richesses des rythmes du Brésil. Pour ce faire, elles empruntent aux répertoires des plus illustres compositeurs qu’on puisse imaginer : Caetano Veloso, Chico Buarque, Dorival Caymmi (qui venait de décéder quelques jours avant le show), Dominguinhos, Zeca Baleiro, Moraes Moreira, Paulinho da Viola et bien d’autres encore. Et en sortant du magnifique Théâtre Municipale, je me demandais si j’avais déjà pu assister à un concert plus véritablement brésilien que celui-là. La flamboyance des couleurs transparaissait tant sur scène, qu’au travers les voix des trois protagonistes, des rythmes hybrides… ou de la couleur rouge saumon de la chemise du belge que l’on aperçoit à la fin du show au troisième rang dans le public !
Oui, en vérité je vous le dis : ce soir-là, je m’étais un peu réconcilié avec une MPB qui m’avait un peu filé le bourdon à l’écoute des productions un peu laborieuses et convenues de l’année dernière.

Rita Ribeiro: "Minha tribo sou eu..!" (photo Daniel A.)

C’est bien simple, « Três meninas do Brasil » contient tous les ingrédients pour devenir le parfait petit guide initiatique destiné à ceux qui voudraient se lancer dans une approche de la MPB de qualité !






"Três meninas do Brasil" (Quitanda/ Biscoito fino)


(texto portugues traduzido do francês, destinado aos leitores aprendizes)

Jussara Silveira: « lá vem a bahiana… » (de Minas) (foto Daniel A.)

Lembrança gravada : Três meninas do Brasil.


No dia 24 de agosto passado, uma vez que eu estava escolhendo entre a forca e o gaz por não ter conseguido um ingresso para ver João Gilberto comemorar os 50 anos da Bossa Nova, três « meninas » do Brasil me devolveram o amor à vida – e sobretudo à MPB ! – ao me oferecerem no Teatro Municipal de Niterói um dos shows mais revigorantes de 2008. Naquela noite, Jussara Silveira, Rita Ribeiro e Teresa Cristina, reuniram-se para gravar o dvd de uma tournée que elas haviam levado para uma parte do país: « Três meninas do Brasil » (da canção de Moraes Moreira e Fausto Nilo).
Vamos esclarecer as coisas: nós estamos aqui diante da presença de jovens divas já bem estabelecidas na cena da música popular brasileira, e não – como eu já pude ler a respeito – frente a três cantoras duma nova geração. Trata-se de artistas com experiência, carreiras e personalidades já firmadas, que não têm mais nada a nos provar. A idéia de reunir essas três artistas brilhantes veio de Teresa, e tomou forma através do impulso de produção de Rita (Manixa prod.). « Três meninas… » se revela entusiasmante pela viagem musical, através de todo o Brasil, que esse show nos propõe. Inclusive pelo fato delas mesmas, as cantoras, serem oriundas de regiões e de universos diferentes. Cada intérprete tem aqui seu papel, explicitado simplesmente pela personalidade de cada uma : Jussara, a baiana sensual ; Rita, a guerreira do Maranhão, e Teresa, a emotiva do Rio de Janeiro. Em trio, em duo, ou cada uma de por si, elas visitam um repertório colorido que transpira a essência mesma das riquezas dos ritmos do Basil. Para tal feito, elas tomam para si os repertórios dos mais ilustres compositores com os quais podemos sonhar : Caetano Veloso, Chico Buarque, Dorival Caymmi (que acabara de falecer, alguns dias antes do show), Dominguinhos, Zeca Baleiro, Moraes Moreira, Paulinho da Viola, Tom Zé e ainda outros mais. Ao sair do magnífico Teatro Municipal de Niterói, eu me perguntava se já havia assistido a um espetáculo tão verdadeiramente brasileiro como aquele. A resplandescência de cores transparecia tanto em cena, quer através das vozes das três protagonistas, quer dos ritmos híbridos... ou do tom salmon da camisa dum certo belga que aparece lá pelo final do show, na terceira fileira em meio do público ( !).

Produção e direçao musical do show : o mestre Jaime Alem (foto Daniel A.)

Sim, eu posso confessar a vocês : naquela noite, eu me senti um pouco mais reconciliado com uma MPB que havia me deixado um pouco deprimido depois de ter ouvido em 2008 –em relação aos anos anteriores- poucas produções que me tinham entusiasmado.
É bem simples : « Três meninas do Brasil » contém todos os ingredientes para vir a ser o perfeito guia para a iniciação daqueles que desejam se lançar, através de uma abordagem perfeita, ao conhecimento de uma MPB da maior qualidade !


CE BLOG EST DÉDIÉ AUX CURIEUX QUI AIMERAIENT CONNAÎTRE L'ART ET LA MUSIQUE POPULAIRE BRÉSILIENNE. UNE OCCASION POUR LES FRANCOPHONES DE DÉCOUVRIR UN MONDE INCONNU OU IL EST DE MISE DE LAISSER SES PRÉJUGES AU VESTIAIRE.