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samedi 18 avril 2009

Souvenir gravé : "Três meninas do Brasil".

Um novo Grande Encontro: Jussara, Rita e Teresa (foto Daniel A.)

(texto português em baixo)

Le 24 août dernier à Rio, tandis que j’hésitais entre la corde et le gaz pour ne pas avoir réussi à obtenir un ticket pour voir João Gilberto commémorer les 50 ans de la Bossa Nova, "trois jeunes filles du Brésil" me redonnèrent goût à la vie –et surtout foi en la MPB - en m’offrant au Théâtre Municipal de Niterói un des shows les plus réjouissants de 2008. Ce soir-là, Jussara Silveira, Rita Ribeiro et Teresa Cristina, s’étaient réunies pour enregistrer le dvd d’une tournée qu’elles avaient emmenée un peu partout dans le pays : « Três meninas do Brasil » (de la chanson de Moraes Moreira et Fausto Nilo).


Teresa Cristina: "Cantar..." (photo Daniel A.)

Mettons les choses au clair directement, nous sommes ici en présence de jeunes divas déjà bien installées sur la scène de la musique populaire brésilienne, et non pas –comme j’ai pu le lire çà et là- en présence de trois chanteuses de la nouvelles génération. Ce sont des artistes d’expériences à la personnalité affirmée qui se sont déjà forgées une carrrière, et qui n’ont plus rien à nous prouver. L’idée de la réunion de ces trois brillantes artistes vient de l’idée de Teresa Cristina, et aurait pris forme sous l’impulsion de la production d'Elza Ribeiro, la soeur de Rita.
« Três meninas… » nous enthousiasme par le voyage musical qu’il nous propose à travers tout le Brésil. D’abord par le fait des chanteuses elles-mêmes, venues de régions et d’univers différents. Chaque interprète tient ici son rôle, dicté simplement par sa personnalité : Jussara, la sensuelle bahianaise ; Rita, la guerrière du Maranhão, et Teresa, l’émotive de Rio de Janeiro. En trio, en duo, ou parfois seules, elles visitent un répertoire coloré qui transpire l’essence même des richesses des rythmes du Brésil. Pour ce faire, elles empruntent aux répertoires des plus illustres compositeurs qu’on puisse imaginer : Caetano Veloso, Chico Buarque, Dorival Caymmi (qui venait de décéder quelques jours avant le show), Dominguinhos, Zeca Baleiro, Moraes Moreira, Paulinho da Viola et bien d’autres encore. Et en sortant du magnifique Théâtre Municipale, je me demandais si j’avais déjà pu assister à un concert plus véritablement brésilien que celui-là. La flamboyance des couleurs transparaissait tant sur scène, qu’au travers les voix des trois protagonistes, des rythmes hybrides… ou de la couleur rouge saumon de la chemise du belge que l’on aperçoit à la fin du show au troisième rang dans le public !
Oui, en vérité je vous le dis : ce soir-là, je m’étais un peu réconcilié avec une MPB qui m’avait un peu filé le bourdon à l’écoute des productions un peu laborieuses et convenues de l’année dernière.

Rita Ribeiro: "Minha tribo sou eu..!" (photo Daniel A.)

C’est bien simple, « Três meninas do Brasil » contient tous les ingrédients pour devenir le parfait petit guide initiatique destiné à ceux qui voudraient se lancer dans une approche de la MPB de qualité !






"Três meninas do Brasil" (Quitanda/ Biscoito fino)


(texto portugues traduzido do francês, destinado aos leitores aprendizes)

Jussara Silveira: « lá vem a bahiana… » (de Minas) (foto Daniel A.)

Lembrança gravada : Três meninas do Brasil.


No dia 24 de agosto passado, uma vez que eu estava escolhendo entre a forca e o gaz por não ter conseguido um ingresso para ver João Gilberto comemorar os 50 anos da Bossa Nova, três « meninas » do Brasil me devolveram o amor à vida – e sobretudo à MPB ! – ao me oferecerem no Teatro Municipal de Niterói um dos shows mais revigorantes de 2008. Naquela noite, Jussara Silveira, Rita Ribeiro e Teresa Cristina, reuniram-se para gravar o dvd de uma tournée que elas haviam levado para uma parte do país: « Três meninas do Brasil » (da canção de Moraes Moreira e Fausto Nilo).
Vamos esclarecer as coisas: nós estamos aqui diante da presença de jovens divas já bem estabelecidas na cena da música popular brasileira, e não – como eu já pude ler a respeito – frente a três cantoras duma nova geração. Trata-se de artistas com experiência, carreiras e personalidades já firmadas, que não têm mais nada a nos provar. A idéia de reunir essas três artistas brilhantes veio de Teresa, e tomou forma através do impulso de produção de Rita (Manixa prod.). « Três meninas… » se revela entusiasmante pela viagem musical, através de todo o Brasil, que esse show nos propõe. Inclusive pelo fato delas mesmas, as cantoras, serem oriundas de regiões e de universos diferentes. Cada intérprete tem aqui seu papel, explicitado simplesmente pela personalidade de cada uma : Jussara, a baiana sensual ; Rita, a guerreira do Maranhão, e Teresa, a emotiva do Rio de Janeiro. Em trio, em duo, ou cada uma de por si, elas visitam um repertório colorido que transpira a essência mesma das riquezas dos ritmos do Basil. Para tal feito, elas tomam para si os repertórios dos mais ilustres compositores com os quais podemos sonhar : Caetano Veloso, Chico Buarque, Dorival Caymmi (que acabara de falecer, alguns dias antes do show), Dominguinhos, Zeca Baleiro, Moraes Moreira, Paulinho da Viola, Tom Zé e ainda outros mais. Ao sair do magnífico Teatro Municipal de Niterói, eu me perguntava se já havia assistido a um espetáculo tão verdadeiramente brasileiro como aquele. A resplandescência de cores transparecia tanto em cena, quer através das vozes das três protagonistas, quer dos ritmos híbridos... ou do tom salmon da camisa dum certo belga que aparece lá pelo final do show, na terceira fileira em meio do público ( !).

Produção e direçao musical do show : o mestre Jaime Alem (foto Daniel A.)

Sim, eu posso confessar a vocês : naquela noite, eu me senti um pouco mais reconciliado com uma MPB que havia me deixado um pouco deprimido depois de ter ouvido em 2008 –em relação aos anos anteriores- poucas produções que me tinham entusiasmado.
É bem simples : « Três meninas do Brasil » contém todos os ingredientes para vir a ser o perfeito guia para a iniciação daqueles que desejam se lançar, através de uma abordagem perfeita, ao conhecimento de uma MPB da maior qualidade !


vendredi 10 avril 2009

Voyage de poche à Rio, 8 avril : Fred Martins…Et ‘Osgêmeos’.

Le monde fascinant d' Osgêmeos, graffitistes de Sao Paulo.

(texto português em baixo)


Il existe certains artistes avec qui, durant les interviews, il se crée obligatoirement certaines affinités. Il est vrai que, dans la mesure du possible, j’essaie toujours de sortir du format traditionnel ‘question/réponse’, pour engager vers une conversation plus informelle. Ce n’est pas toujours facile -surtout avec les plus célèbres d’entre eux- et puis cela dépend bien évidemment de la personnalité de chacun.

Avec Fred Martins -que je considère comme un des compositeurs les plus doués de sa génération- j’ai pu garder régulièrement le contact et ce fut avec plaisir que je pus déjeuner avec cet artiste de Niterói au Centro Cultural Banco do Brasil. C’est dans cet espace que s’exposent pour l’instant les ‘graffitistes’ de São Paulo appelés Osgêmeos, autrement dit, les Jumeaux (en réalité Gustavo et Otávio Pandolfo)..
Pour parler de ceux-ci, ils ont déjà acquis une forte réputation internationale, et j’avais pris connaissance de leur art en visionnant le dvd de l’artiste Siba, du Pernabuco, pour lequel ils avaient entièrement envahi la scène du Théâtre Municipal de Niterói de leur monde. (À propos, même si Niterói se situe à un jet de pierre de Rio, il est aussi conseillé d’appeler un de ses habitants de Carioca, que de qualifier un irlandais d’anglais…un basque d’espagnol, etcetera !).
Le monde de ces ‘jumeaux’ est assez fascinant, mais comme tous les artistes de rue qui conquièrent une notoriété (Jean Michel Basquiat, Keith Haring…), la récupération mercantile de leur art aura sans doute raison de l’essence même de leur travail…Enfin, en attendant, leurs personnages issus de la réalité urbaine sont assez singuliers et interpellants. Outre le graphisme, ils pratiquent par ailleurs la sculpture et créent de véritables installations. J’aime assez…

Fred Martins, conquis par l'expo du CCBB (?) (photo Daniel A.)

Pour revenir à Fred Martins, son nom m’était d’abord apparu sur la pochette de bons nombres d’artistes, féminines principalement, comme Thaís Motta, Elisa Queiros, et d’autres ; mais aussi d’artistes plus confirmés tel que Ney Matogrosso ou Zélia Duncan.
Ses deux albums personnels -« Janelas » (2001) et « Raro e comum » (2005)- avaient attiré l’attention de la critique, et le prestigieux prix Visa du meilleur compositeur qu’il gagna en 2006, lui permit d’ouvrir un chemin vers une reconnaissance encore un peu timide. Son dvd « Tempo afora » (2007) sorti dans la foulée, nous a fait découvrir un artiste complet, mélodiste pop (ou MPB si vous préférez) subtil, et un excellent musicien. Il travailla de nombreuses années à retranscrire les partitions pour les fameux « songbooks » de Almir Chediak.
Notre rencontre informelle de mardi dernier fut l’occasion pour lui de me donner son dernier-né, « Guanabara » en vente au Brésil fin de ce mois d’avril. L’album est entièrement tourné vers ce qui l’amena à la musique : la Bossa Nova de Jobim et de João Gilberto.
Sans encore avoir pu l’écouter, ce qui me paraît primordial, c’est qu’il est constitué de compositions complètement nouvelles et non de reprises géniales, certes, mais mille fois entendues. L’hommage de Fred à ses maîtres se restreint donc uniquement à respecter l’esprit du style, acoustique et intimiste : une voix, une guitare, une contrebasse, une batterie, avec de çà et là, un accompagnement de cordes.
Si l’on accepte le fait qu’un style musical naît en accord avec les contextes de son époque, il n’y a aucune raison de penser que la Bossa (comme le rock, le jazz, et toutes musiques populaires) doive mourir à un moment donner. L’esthétique musicale d’un mouvement est là pour durer. La Bossa Nova, en tant que musique, n’est pas morte en 1964, et des artistes comme Fred Martins sont là pour le prouver. Il ne reste plus qu’à se plonger dans sa baie de « Guanabara ».

PS : Fred est également un excellent dessinateur et illustrateur, mais je n’ai rien pu trouver sur le net pour le prouver ici…

Texto português traduzido do francês, destinado aos leitores aprendizes.

Viagem de bolso ao Rio, 8 de abril : Fred Martins… E ‘Os Gêmeos’.

Existem certos artistas com os quais, ao longo das entrevistas, criam-se naturalmente certas afinidades. É verdade que, na medida do possível, eu busco sempre evitar o tradicional formato « pergunta / resposta », a fim de promover uma conversa mais informal. Isso não é sempre fácil, sobretudo lidando com os nomes mais célebres, e afinal isso depende também da personalidade de cada um.
Com Fred Martins, que eu considero um dos compositores mais afáveis de sua geração, pude manter um contato regular, e foi com grande prazer que eu pude almoçar com esse artista de Niterói no Centro Cultural Banco do Brasil. É nesse mesmo espaço onde se encontra agora a exposição dos grafiteiros de São Paulo chamados de ‘Osgêmeos’ - Gustavo e Otávio Pandolfo.
Para falar desses dois, há que lembrar que eles já conquistaram uma forte reputação internacional, e eu já conhecia previamente o trabalho deles em função de assistir ao dvd do artista Siba, de Pernambuco, no qual eles invadiram a cena no Teatro Municipal de Niterói com seus mundo imaginário. (A propósito, mesmo que Niterói se situe geograficamente a um pulo do Rio – basta atravessar uma ponte – é tão aconselhado chamar um de seus habitantes de Carioca, assim como qualificar um irlandês de inglês... ou um basco de espanhol, etc. !).
O universo desses « gêmeos » é extremamente fascinante, mas como todos os artistas de rua que conquistaram alguma notoriedade (Jean Michel Basquiat, Keith Haring...), o retorno comercial desse tipo de arte virá sem dúvida em razão da essência mesma de seus trabalhos... Porém, enxergo seus personagens captados da realidade urbana como bastante peculiares e instigantes. Além do grafismo, eles fazem esculturas, criando inclusive verdadeiras instalações. Eu gosto bastante...

Voltando ao Fred Martins, seu nome me vinha a reboque de apresentações de bons nomes femininos, principalmente Suely Mesquita, Thaís Motta e Elisa Queiros, dentre outras ; mas também ao lado de artistas mais consagrados como Ney Matogrosso ou Zélia Duncan.
Seus dois álbuns pessoais -« Janelas » (2001) e « Raro e comum » (2005)- chamaram a atenção da crítica e a obtenção do prestigiado Prêmio Visa de melhor compositor, que ele ganhou em 2006, o que o permitiu abrir um caminho próprio, sob um reconhecimento então ainda tímido. Seu dvd « Tempo afora » (2007) saiu nesse rastro, e nos permitiu descobrir um artista completo : um melodista pop (ou MPB, se vocês assim o preferem) sutil, e um excelente musicista. Ele trabalhou por vários anos na retranscrição de numerosas partituras para os famosos « songbooks » do Almir Chediak.
Nosso reencontro informal dessa última terça-feira foi a oportunidade que tivemos para que ele me presentear com seu recém-nascido « Guanabara » , a ser colocado à venda no Brasil ao final desse mês de abril. O álbum é inteiramente voltado à o que lhe levou à música : a Bossa Nova de Jobim e de João Gilberto.
Mesmo até agora sem ter podido ouvi-lo, o que me parece primordial é o fato de que é um disco constituído de composições completamente novas, e não de regravações geniais – tudo bem, mas já mil vezes absorvidas. A homenagem de Fred a seus mestres se restringe então a respeitar o espírito do estilo bossanovista - acústico e intimista : uma voz, um violão, um contrabaixo, uma bateria e, aqui e ali, um acompanhamento de cordas.
Se aceitamos o fato de que um estilo musical nasce no contexto geral de sua época, não há razão para se imaginar que a Bossa (como o rock, o jazz, e todas as músicas populares) deva morrer no momento seguinte. A estética musical de um movimento está ali para perdurar. A Bossa Nova, como música, não acabou-se em 1964, e os artistas como Fred Martins estão aí para comprovar. Não me resta nada além de mergulhar dentro dessa baía de « Guanabara ».

P.S. : Fred é também um excelente desenhista e ilustrador, mas eu ainda não pude buscar algo na rede para mostrar a vocês aqui...


En vidéo: Merecimento (Fred Martins) par Elisa Queiros et Fred Martins (vidéo amateur)

Novamente par Fred Martins.



CE BLOG EST DÉDIÉ AUX CURIEUX QUI AIMERAIENT CONNAÎTRE L'ART ET LA MUSIQUE POPULAIRE BRÉSILIENNE. UNE OCCASION POUR LES FRANCOPHONES DE DÉCOUVRIR UN MONDE INCONNU OU IL EST DE MISE DE LAISSER SES PRÉJUGES AU VESTIAIRE.