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mercredi 22 avril 2009

En écoute aujourd’hui : Fred Martins.

La Bossa, définitivement éternelle avec Fred Martins.

(texto português em baixo)


Est-il possible et envisageable aujourd’hui, d’enregistrer un disque de Bossa Nova avec les éléments constitutifs de l’époque de son âge d’or… En d’autres termes avec une instrumentation classique et intimiste, sans que le résultat ne sonne suranné ou emprunt d’une nostalgie perdue. En fait, ce serait poser la même question si je demandais s’il était concevable d’enregistrer un album pop ou rock avec seulement deux guitares, une basse et une batterie. La question est stupide (mais c’est fait exprès !) et Fred Martins nous le prouve de belle manière, sur son troisième album personnel, « Guanabara », qui rend hommage à ses maîtres qui l’ont emmené vers sa carrière musicale : Antônio Carlos Jobim et João Gilberto.

Depuis les années 80, on nous a servi des soupes tellement gluantes de bossa-lounge-électro-pop, que l’album de Fred nous apparaît tout simplement original ! De plus « Guababara » n’est pas une énième relecture des classiques du genre. Il s’agit bien là d’un album de treize nouveaux titres de sa composition avec quelques-uns de ses partenaires d’écriture comme Marcelo Diniz, Manoel Gomes ou Francisco Bosco. Sans aucun artifice, Fred au chant et à la guitare se fait accompagner d’Alex Rocha à la contrebasse, et de Marcio Baia à la batterie, tandis que de manière bien à propos, interviennent çà et là, un ensemble de cordes dirigé par Jessé Sadoc, et une section de cuivre emmenée par Marcelo Martins. Ces arrangements n’est pas sans m’évoquer, par instant, la sonorité de l’album « João » (1991), de João Gilberto. Attention cependant ! « Guanabara » est un disque de musiciens qui se déguste sur plusieurs écoutes. Un survol trop rapide, et vous aurez vite fait de le trouver trop uniforme. Ce n’est pas un album facile, comme ne le sont pas non plus les harmonies que Fred Martins utilise. Et si vous prenez votre temps, vous découvrirez que de petites perles comme Amo tanto, Agora é com você, Breve primavera ou Tudo teu (pour citer mes préférées), vous récompenseront de votre patience et -qui sait- deviendront peut être un jour des classiques…de la Bossa Nova. Enfin, il est amusant de constater que plus nous nous dirigeons vers la fin des plages ensoleillées de « Guanabara », plus l’album retrouve le style pop initial de Fred comme avec Doceamargo et Por um fio, qui clôturent l’album. Alors, « Guanabara » : « The Last and definitive Bossa Nova album » ?

(texto português traduzido do francês, destinado aos leitores aprendizes)

Ouvindo hoje : Fred Martins.

Será que é possível vislumbrar nos dias de hoje a gravação de um disco de Bossa Nova, com os elementos que a constituíam em sua época de ouro.. ? Em outros termos, quero dizer : contando com arranjos e instrumental clássicos e intimistas, sem que o resultado soe ultrapassado ou contaminado por uma nostalgia perdida ? Na realidade, seria o mesmo que perguntar se hoje seria possível gravar um álbum pop ou rock apenas com duas guitarras, um baixo e uma bateria. Pois é, a pergunta é idiota - mas foi de propósito ! - e Fred Martins nos prova que sim, da maneira mais elegante, através de seu terceiro álbum solo, « Guanabara », que homenageia a seus mestres que o levaram à música: Antônio Carlos Jobim e João Gilberto. Desde os anos 80, a gente passou a escutar tantas saladas mistas do tipo bossa-lounge-eletro-pop, que o som tão simples do Fred nos parece original! E mais, « Guababara » não é uma enésima releitura de clássicos do gênero. Ele transita bem através de um álbum de treze novos títulos de sua autoria, sendo que alguns desses em parceria com letristas como Marcelo Diniz, Manoel Gomes ou Francisco Bosco. Sem qualquer artifício, Fred na voz e no violão se faz acompanhar de Alex Rocha no contrabaixo, e de Marcio Baia na bateria ; e além disso, no máximo, e bem a propósito, intervêem aqui e ali um conjunto de cordas dirigido por Jessé Sadoc e uma sessão de metais conduzida por Marcelo Martins. Esses arranjos não deixaram de me evocar, por instantes, a sonoridade do álbum « João » (1991), de João Gilberto. No entanto, atenção ! : « Guanabara » é um disco de musicistas para ser degustado ao longo de várias audições. De uma sorvida rápida, vocês podem vir a achá-lo uniforme. Esse não é um disco fácil, assim como não são as harmonias que Fred utiliza.
E se vocês tiverem um pouco de tempo , descobrirão que pequenas pérolas como Amo tanto, Agora é com você, Breve primavera ou Tudo teu - (para citar minhas preferências) - recompensarão sua paciência e levarão vocês a crer – talvez – que esses títulos se tornarão os novos clássicos... da Bossa Nova. Enfim, é interessante constatar que quanto mais nos dirigimos ao final das praias ensolaradas de « Guanabara », mais o álbum resgata o estilo pop inicial de Fred, como em Doceamargo (que já estava no seu dvd « Tempo afora ») e Por um fio , que fecham o cd. Então, « Guanabara » : « The ultimate Bossa Nova Album » ?


Fred Martins: "Guanabara" (Sete Soís)

En écoute à droite------Agora é com você------Escuta a direita

vendredi 10 avril 2009

Voyage de poche à Rio, 8 avril : Fred Martins…Et ‘Osgêmeos’.

Le monde fascinant d' Osgêmeos, graffitistes de Sao Paulo.

(texto português em baixo)


Il existe certains artistes avec qui, durant les interviews, il se crée obligatoirement certaines affinités. Il est vrai que, dans la mesure du possible, j’essaie toujours de sortir du format traditionnel ‘question/réponse’, pour engager vers une conversation plus informelle. Ce n’est pas toujours facile -surtout avec les plus célèbres d’entre eux- et puis cela dépend bien évidemment de la personnalité de chacun.

Avec Fred Martins -que je considère comme un des compositeurs les plus doués de sa génération- j’ai pu garder régulièrement le contact et ce fut avec plaisir que je pus déjeuner avec cet artiste de Niterói au Centro Cultural Banco do Brasil. C’est dans cet espace que s’exposent pour l’instant les ‘graffitistes’ de São Paulo appelés Osgêmeos, autrement dit, les Jumeaux (en réalité Gustavo et Otávio Pandolfo)..
Pour parler de ceux-ci, ils ont déjà acquis une forte réputation internationale, et j’avais pris connaissance de leur art en visionnant le dvd de l’artiste Siba, du Pernabuco, pour lequel ils avaient entièrement envahi la scène du Théâtre Municipal de Niterói de leur monde. (À propos, même si Niterói se situe à un jet de pierre de Rio, il est aussi conseillé d’appeler un de ses habitants de Carioca, que de qualifier un irlandais d’anglais…un basque d’espagnol, etcetera !).
Le monde de ces ‘jumeaux’ est assez fascinant, mais comme tous les artistes de rue qui conquièrent une notoriété (Jean Michel Basquiat, Keith Haring…), la récupération mercantile de leur art aura sans doute raison de l’essence même de leur travail…Enfin, en attendant, leurs personnages issus de la réalité urbaine sont assez singuliers et interpellants. Outre le graphisme, ils pratiquent par ailleurs la sculpture et créent de véritables installations. J’aime assez…

Fred Martins, conquis par l'expo du CCBB (?) (photo Daniel A.)

Pour revenir à Fred Martins, son nom m’était d’abord apparu sur la pochette de bons nombres d’artistes, féminines principalement, comme Thaís Motta, Elisa Queiros, et d’autres ; mais aussi d’artistes plus confirmés tel que Ney Matogrosso ou Zélia Duncan.
Ses deux albums personnels -« Janelas » (2001) et « Raro e comum » (2005)- avaient attiré l’attention de la critique, et le prestigieux prix Visa du meilleur compositeur qu’il gagna en 2006, lui permit d’ouvrir un chemin vers une reconnaissance encore un peu timide. Son dvd « Tempo afora » (2007) sorti dans la foulée, nous a fait découvrir un artiste complet, mélodiste pop (ou MPB si vous préférez) subtil, et un excellent musicien. Il travailla de nombreuses années à retranscrire les partitions pour les fameux « songbooks » de Almir Chediak.
Notre rencontre informelle de mardi dernier fut l’occasion pour lui de me donner son dernier-né, « Guanabara » en vente au Brésil fin de ce mois d’avril. L’album est entièrement tourné vers ce qui l’amena à la musique : la Bossa Nova de Jobim et de João Gilberto.
Sans encore avoir pu l’écouter, ce qui me paraît primordial, c’est qu’il est constitué de compositions complètement nouvelles et non de reprises géniales, certes, mais mille fois entendues. L’hommage de Fred à ses maîtres se restreint donc uniquement à respecter l’esprit du style, acoustique et intimiste : une voix, une guitare, une contrebasse, une batterie, avec de çà et là, un accompagnement de cordes.
Si l’on accepte le fait qu’un style musical naît en accord avec les contextes de son époque, il n’y a aucune raison de penser que la Bossa (comme le rock, le jazz, et toutes musiques populaires) doive mourir à un moment donner. L’esthétique musicale d’un mouvement est là pour durer. La Bossa Nova, en tant que musique, n’est pas morte en 1964, et des artistes comme Fred Martins sont là pour le prouver. Il ne reste plus qu’à se plonger dans sa baie de « Guanabara ».

PS : Fred est également un excellent dessinateur et illustrateur, mais je n’ai rien pu trouver sur le net pour le prouver ici…

Texto português traduzido do francês, destinado aos leitores aprendizes.

Viagem de bolso ao Rio, 8 de abril : Fred Martins… E ‘Os Gêmeos’.

Existem certos artistas com os quais, ao longo das entrevistas, criam-se naturalmente certas afinidades. É verdade que, na medida do possível, eu busco sempre evitar o tradicional formato « pergunta / resposta », a fim de promover uma conversa mais informal. Isso não é sempre fácil, sobretudo lidando com os nomes mais célebres, e afinal isso depende também da personalidade de cada um.
Com Fred Martins, que eu considero um dos compositores mais afáveis de sua geração, pude manter um contato regular, e foi com grande prazer que eu pude almoçar com esse artista de Niterói no Centro Cultural Banco do Brasil. É nesse mesmo espaço onde se encontra agora a exposição dos grafiteiros de São Paulo chamados de ‘Osgêmeos’ - Gustavo e Otávio Pandolfo.
Para falar desses dois, há que lembrar que eles já conquistaram uma forte reputação internacional, e eu já conhecia previamente o trabalho deles em função de assistir ao dvd do artista Siba, de Pernambuco, no qual eles invadiram a cena no Teatro Municipal de Niterói com seus mundo imaginário. (A propósito, mesmo que Niterói se situe geograficamente a um pulo do Rio – basta atravessar uma ponte – é tão aconselhado chamar um de seus habitantes de Carioca, assim como qualificar um irlandês de inglês... ou um basco de espanhol, etc. !).
O universo desses « gêmeos » é extremamente fascinante, mas como todos os artistas de rua que conquistaram alguma notoriedade (Jean Michel Basquiat, Keith Haring...), o retorno comercial desse tipo de arte virá sem dúvida em razão da essência mesma de seus trabalhos... Porém, enxergo seus personagens captados da realidade urbana como bastante peculiares e instigantes. Além do grafismo, eles fazem esculturas, criando inclusive verdadeiras instalações. Eu gosto bastante...

Voltando ao Fred Martins, seu nome me vinha a reboque de apresentações de bons nomes femininos, principalmente Suely Mesquita, Thaís Motta e Elisa Queiros, dentre outras ; mas também ao lado de artistas mais consagrados como Ney Matogrosso ou Zélia Duncan.
Seus dois álbuns pessoais -« Janelas » (2001) e « Raro e comum » (2005)- chamaram a atenção da crítica e a obtenção do prestigiado Prêmio Visa de melhor compositor, que ele ganhou em 2006, o que o permitiu abrir um caminho próprio, sob um reconhecimento então ainda tímido. Seu dvd « Tempo afora » (2007) saiu nesse rastro, e nos permitiu descobrir um artista completo : um melodista pop (ou MPB, se vocês assim o preferem) sutil, e um excelente musicista. Ele trabalhou por vários anos na retranscrição de numerosas partituras para os famosos « songbooks » do Almir Chediak.
Nosso reencontro informal dessa última terça-feira foi a oportunidade que tivemos para que ele me presentear com seu recém-nascido « Guanabara » , a ser colocado à venda no Brasil ao final desse mês de abril. O álbum é inteiramente voltado à o que lhe levou à música : a Bossa Nova de Jobim e de João Gilberto.
Mesmo até agora sem ter podido ouvi-lo, o que me parece primordial é o fato de que é um disco constituído de composições completamente novas, e não de regravações geniais – tudo bem, mas já mil vezes absorvidas. A homenagem de Fred a seus mestres se restringe então a respeitar o espírito do estilo bossanovista - acústico e intimista : uma voz, um violão, um contrabaixo, uma bateria e, aqui e ali, um acompanhamento de cordas.
Se aceitamos o fato de que um estilo musical nasce no contexto geral de sua época, não há razão para se imaginar que a Bossa (como o rock, o jazz, e todas as músicas populares) deva morrer no momento seguinte. A estética musical de um movimento está ali para perdurar. A Bossa Nova, como música, não acabou-se em 1964, e os artistas como Fred Martins estão aí para comprovar. Não me resta nada além de mergulhar dentro dessa baía de « Guanabara ».

P.S. : Fred é também um excelente desenhista e ilustrador, mas eu ainda não pude buscar algo na rede para mostrar a vocês aqui...


En vidéo: Merecimento (Fred Martins) par Elisa Queiros et Fred Martins (vidéo amateur)

Novamente par Fred Martins.



CE BLOG EST DÉDIÉ AUX CURIEUX QUI AIMERAIENT CONNAÎTRE L'ART ET LA MUSIQUE POPULAIRE BRÉSILIENNE. UNE OCCASION POUR LES FRANCOPHONES DE DÉCOUVRIR UN MONDE INCONNU OU IL EST DE MISE DE LAISSER SES PRÉJUGES AU VESTIAIRE.