Este blog é dedicado a todos os curiosos que desejam saber mais sobre Arte e Música Popular Brasileira. Para os francófonos, uma oportunidade de descobrir um novo e fascinante universo cultural. Para os brasileiros, o interesse em conhecer o ponto de vista de um jornalista europeu sobre sua rica produção artística
Primeira parte do programa divulgada sobre as ondas de Rádio Judaica o 14 de Setembro, às 15:15 (hora Brasilia) Première partie de l'émission divulguée sur Radio Judaica, le 14 septembre, à 20h15.
BLOCO 1 : -ANA CAROLINA : « Torpedo »(Ana Corolina/ Mombaça/ Gilberto Gil) -PAULA TOLLER :« Derretendo satélites »(Herbert Vianna/ Paula Toller) -MARIA GADÚ :« Shimbalaiê » (Maria Gadú) -ANNA LUISA : « Do zero »(Seu Jorge/ Pedro Luis) -JOÃO GILBERTO :« Doralice »(Dorival Caymmi) -EMILIO SANTIAGO :« Tristeza de nós dois » (Durval Ferreira/Bebeto/ M.Heinhorn) -LENY ANDRADE :« O Sol nascerá »(Cartola/ Elton Medeiros) -GEORGE ISRAEL :« As rosas não falam »(Cartola) -FERNANDA PORTO : « Cidade sem fim » (Fernanda Porto) -ANTÓNIO ZAMBUJO :« Quando tu passas por mim » (Vinicius de Moraes/ Antônio Maria) -SÉRGIO GODINHO :« Lisboa que amanhece »(Sérgio Godinho) -PEDRO ABRUNHOSA (c/LENINE) :« Um Mágico no peito » (P.Abrunhosa) -TOTONHO VILLEROY :« Una louca tempestad » (Villeroy/ Bebeto Alvez) -ANA CAROLINA :« Tá rindo, é ? »(Ana Carolina/ Mombaça/ Antônio Villeroy)
Rio sous la pluis n'est cependant pas dénué de charme... (photo E.F. Gollo de Mesquita)
« A vida, companheiro…A vida é a arte do encontro » disait le poète Vinicius de Moraes. « La vie, cher compagnon, c’est l’art des rencontres… ». J’ai toujours adhéré à cette maxime, géniale de tant d’évidence et de simplicité. De mon côté, je pourrais parodier très humblement, en écrivant que la vie, chers amis, c’est parfois l’art de prédire la pluie et le beau temps. Je sais que cela n’a pas la même force poétique, mais il y a 20 ans exactement, les premiers rayons de soleil qui apparurent au matin du 13 juin 1989, n’auront pas seulement égaillé la journée du bon peuple, comme ils auront radicalement changé ma vie…
En mars 1989, avec un bon camarade, nous avions décidé d’entreprendre notre premier voyage exotique. J’entends par là hors des frontières européennes, une sorte de voyage initiatique à la recherche d’une vraie culture inconnue. Aucune idée ne s’imposait à nous, mais un autre lascar qui revenait de Rio de Janeiro nous faisait miroiter la ville comme un pays de cocagne, où le paradis était à notre disposition pour pas un rond. Il agrémentait sa description de quelques éléments persuasifs comme les caipirinhas, les plages avec ses cocotiers (ah bon ?), et les brésiliennes toutes clonées à partir de Gisèle Bunschen ou Thaís Araújo. Et de fait, avec une inflation galopante à l’époque –presque surréaliste !-, tous les prix pour le touriste paraissaient ridiculement bas. Très sincèrement, l’idée du Brésil ne m’enchantait guère. Les photos des guides montrant les autoroutes le long des plages (l’Avenida Atlantica de Copacabana et la Vieira Souto à Ipanema) me semblaient assez rébarbatives. Et en résumé pour moi, les brésiliens étaient de charmants doux dingues qui se maquillaient outrageusement pour faire du boucan un fois par an, au Carnaval. Cela s’appelait de la samba -paraît-il- et je trouvais cela assez insupportable au-delà de deux minutes. Musicalement, tandis que je m’abreuvais de rock alternatif et de soul américaine, ma mère écoutait dans son salon un certain Sergio Mendes & Brasil 66, que j’apparentais à une musique de shows pour Las Vegas. Il y avait aussi les deux albums « Vinicius & Toquinho en la fusa » (1971), avec Maria Bethânia et Maria Creuza, et pour être franc, je trouvais la Bossa Nova insipide, sans nuance et particulièrement ennuyeuse…Ces deux albums constitueront quelques mois plus tard mes tables de la loi… La première marche d’un escalier sans fin (belle image, Daniel !)… Pour revenir au voyage, fainéant et sans imagination, j’acquiesçais donc pour Rio, dans l’idée que je pourrais parler de cette aimable excursion à mes petits-enfants…ou ceux des autres. « Rio ? Il faut l’avoir fait une fois dans sa vie ». Sauf que cela fera bientôt 40 voyages, bien que cela se soit joué à peu de chose.
Nous débarquons donc à l’aéroport Galeão, le 10 juin 1989, et dès le départ, une pluie diluvienne nous accueille fraîchement. Je vous prie de croire que traverser pour la première fois la zone nord jonchée de favelas dans des conditions pareilles ressemble plus à une apocalypse d’après guerre qu’à un Eden retrouvé… Arrivé à l’Excelsior de Copacabana (depuis lors rénové), il nous fallait constater que sortir de l’hôtel était mission impossible tant les eaux avaient monté dans les rues. Et la situation n’allait pas s’arranger le deuxième et troisième jours. Mes activités étaient réduites aux va-et-vient entre le bar miteux et la télévision qui diffusait Faustão (très traumatisant quand on ne connaît pas !) qui criait dans une langue dont je ne comprenais pas un traître mot. Il y avait aussi la fenêtre d’où je ne voyais pas le Rédempteur, mais un bout de mer déchaînée et quelques champignons Coca-Cola, les parasols des terrasses désertes. La grosse déprime ! Moins patient que moi, mon camarade de chambrée m’annonça vindicativement que si rien ne changeait, il ne voyait plus la raison de rester un jour de plus dans un tel cauchemar. Et de mon côté, je voyais peux d’arguments à lui opposer. Le ciel semblait bouché comme un nez grippé, et nous apprêtions déjà nos sacs, au soir du 12 juin. Mais alors que s’est-il passé durant la nuit…Un conciliabule au sommet entre les Orixas pris de pitié ? Toujours est-il qu’au matin du 13, le ciel s’était ouvert à moi comme la mer à Moïse, et un soleil radieux balaya notre humeur maussade. « The rest is history » comme on dit, ou plus humblement, fait partie de mon histoire. Au lieu de rentrer au bercail avec la décision définitive de ne jamais revenir un jour au Brésil, nous restâmes 3 semaines et s’en suivirent, en ce qui me concerne, presque 40 voyages en 20 ans. En réalité, je n’avais pas encore été contaminé par le virus de la musique brésilienne, mais il s’était insidieusement infiltré en moi, attendant un signal… À mon retour en Belgique, quelques bonnes âmes m’avaient offert des tickets pour aller voir les concerts de Maria Bethânia ainsi que de João Gilberto qui se produisaient aux Palais des Beaux Arts de Bruxelles dans le cadre du festival « Viva Brasil ». Et là oui, la douce maladie se réveilla et pris possession de tout mon être…Et la venue d’un exorciste n’est pas pour demain…
P.S : je tiens à présenter mes excuses pour une des phrases cités ci avant : j’ai pu rencontrer quelques brésiliens non maquillés, et tout bien pensé, ils font du boucan toute l’année…
La comédie musicale "Tom & Vinicius", toujours à l"affiche au Théâtre Carlos Gomes de Rio de Janeiro.
(Texto português em baixo)
Pour être complet, il me restait encore à relater un fait pour enfin clore le ‘voyage de poche’ que je fis à Rio de Janeiro, du 2 au 13 avril dernier. Il s’agissait en l’occurrence de la comédie musicale « Tom & Vinicius » à laquelle j’assistai au Théâtre Carlos Gomes au centre ville. Avant de parler de la représentation en elle-même (ce sera la partie 2), une réflexion qui me vint à l’esprit durant le spectacle... Tout bien réfléchi, les deux grands évènements qui imposèrent la Bossa Nova au monde se révélèrent, en fait, des évènements non désirés voire même regrettés par ses propres protagonistes.
D’abord, il y eu le fameux film Orfeu Negro de Marcel Camus qui gagna la palme d’or à Cannes en 1959 et l’Oscar du meilleure film étranger à Hollywood la même année. Si ce classique du cinéma ne possède pas en sois un lien direct avec la Bossa Nova, il jouera le rôle important de faire connaître au monde les noms d’Antônio Carlos Jobim (1927-1994)et de Vinicius de Moraes (1913-1980) qui, à cette époque, étaient les principaux pourvoyeurs du mouvement musical brésilien. Cependant, cette reconnaissance ne se déroula pas comme les deux illustres protagonistes l’avaient rêvée. Orfeu Negro (1959)- le film- était une adaptation (trop) libre de la pièce de Vinicius de Moraes« Orfeu da Conceição », tragédie grecque qui transposait le mythe d’Orphée dans les favelas de Rio de Janeiro. Les premières représentations avaient eu lieu en 1956. Cette œuvre fut, comme on le sait (ou pas), à l’origine de la rencontre de Vinicius et de Tom cette même année, au bar Villarino, quand le déjà illustre poète et diplomate demanda au compositeur et arrangeur de se charger de la mise en musique de son projet. Cette association donna naissance aux premiers chefs d’œuvre du duo comme Se todo fossem iguais a vocé ou Lamentos no morro.
Tom Jobim (au fond), Vinicius et sa compagne d'alors, Lila Bôscoli, et Oscar Niemeyer dans les coulisses de la pièce Orfeu da Conceição. Niemeyer était le concepteur des décors.
Trois ans plus tard, quand Vinicius assista à l’adaptation sur pellicule de sa tragedie gréco/ brésilienne, il la détesta officieusement. De plus, Marcel Camus avait récusé les chansons originales -trop nombreuses et peu adaptées à la conception de son film- et avait demandé de les remplacer par trois nouveaux titres. Les deux compositeurs ne comprirent pas vraiment, mais s’exécutèrent voyant malgré tout le moyen de se faire un peu de blé. Et tant mieux si cela s’accompagnait d’une reconnaissance internationale. Ils composèrent alors trois chansons par téléphone (car Vinicius était alors en place comme diplomate à Montevideo) : A Felicidade, Frevo et O Nosso Amor, auxquels Camus ajoutera pour sa bande sonore un autre classique de la musique brésilienne composé par Luiz Bonfá et Antônio Maria : Manhã de Carnaval. Sans entrer dans les détails, Tom et Vinicius furent loin d’obtenir les retombées financières qu’ils espéraient -et auxquelles ils avaient droit- et regrettèrent amèrement d’avoir accepter le projet et d’avoir vendu, pour pas cher, leurs âmes au réalisateur français. Mais, qu’on le veille ou non, le film les fit connaître aux yeux du monde, à l’époque où le Brésil vivait son âge d’or en cette fin des années cinquante.
L’autre célèbre événement, celui-ci véritablement lié à la divulgation de la Bossa Nova dans le monde : le fameux concert du 21 novembre 1962 au Carnegie Hall de New York. Décrit en détail avec humour dans son livre « Chega de saudade » (Companha das letras), Ruy Castro nous raconte que tant la préparation que le show lui-même se révéla une « Bagunça » (désordre) totale. De l’amateurisme au meilleur de sa forme. Pour rappel, certaines bonnes âmes américaines, animés par l’amour de la musique et surtout la perspective de belles rentrées financières, décidèrent de présenter aux Américains les figures de proue de la Bossa Nova, mouvement encore tout jeune à l’aube des années soixante. Participeront entre autres à ce concert anthologique : Sérgio Mendes, Sérgio Ricardo, Oscar Castro Neves, Luiz Bonfá, Agostinho dos Santos, Carlos Lyra, Roberto Menescal, Chico Feitosa et bien sûr João Gilberto et Antônio Carlos Jobim. La Bossa avait cependant déjà obtenu ses entrées aux Etats-unis, grâce aux jazzmen Charlie Bird, Herbie Mann ou Stan Getz. Et Desafinado de Jobim/ Newton Mendonça avait été l’objet, cette année-là, de onze versions, dont celle de Charly Bird et Stan Getz sur l’album « Jazz samba » qui s’était vendu à plus d’un million d’exemplaires. Le show en lui-même fut une petite catastrophe et il suffit d’écouter l'album « Bossa nova at the Carnegie Hall » (Audio Fidelity) pour s’en convaincre sans trop d’effort. Mais tandis que la presse brésilienne se gaussait de leurs compatriotes, descendant en flammes, à juste titre, leurs prestations, les Américains -toujours à la recherche de nouvelles sensations exotiques- furent d’un enthousiasme délirant. Tout devint Bossa Nova, jusqu’aux marques de machines à laver. Les Américains iront jusqu’à inventer le 'pas de danse Bossa Nova'(« quick, quick, slooooww… »), une idée qui n’avait pas effleuré l’esprit des Brésiliens eux-mêmes. Cet engouement est particulièrement bien rendu dans la comédie musicale « Tom & Vinicius », qui n'est pas sans faire preuve d'un certain sarcasme bon enfant tant à l'égard des Américains que des Français, et des gringos, en général... En fait, si la Bossa avait déjà conquis les USA avant même ce concert, à partir de cette fameuse soirée, certains des protagonistes trouvèrent là, l’occasion de signer quelques contrats intéressants. Quelques mois plus tard, Antônio Carlos Jobim enregistrera à New York au mois de mai 1963, l’album instrumental « Antônio Carlos Jobim, The Composer of Desafinado plays », un des albums clés de la Bossa Nova, qui resta au sommet des ventes de nombreuses semaines. En définitive, comme pour le film de Marcel Camus, ce concert événement -qui s’avéra un fiasco artistique- ouvrit au monde les portes d’un Brésil musical novateur …
(texto português traduzido do francês, destinado aos leitores aprendizes)
Tom Jobim e Vinicius de Moraes, o musical (Parte I)
Para fazer um serviço completo, me resta ainda relatar um fato para fechar enfim a minha « viagem de bolso » ao Rio, de 2 a 13 de abril últimos. Tem a ver com a comédia musical « Tom & Vinicius », aquela à qual assisti no Teatro Carlos Gomes, no Centro da Cidade. Antes de falar da repesentação em si (que será a Parte II), queria fazer uma reflexão que me veio à alma durante o espetáculo. Ponderando bem, os dois grandes eventos que projetaram a Bossa Nova no mundo, revelaram-se, de fato, eventos não desejados ou até lamentados por seus próprios protagonistas.
De um lado, há o filme « Orfeu Negro », de Marcel Camus, que conquistou a Palma de Ouro em Cannes em 1959 e o Oscar de melhor filme estrangeiro em Hollywood no mesmo ano. Se esse clássico do cinema não tem nem de perto alguma coisa a ver diretamente com a Bossa, ele ao menos cumpriu o importante papel de levar ao conhecimento mundial os nomes de Antonio Carlos Jobim (1927-1994) e de Vinicius de Moraes (1913-1980), que, na época, eram os principais fornecedores de clássicos desse movimento musical brasileiro. Ao mesmo tempo, esse reconhecimento não se desenrolou exatamente da maneira como os dois ilustres protagonistas o haviam sonhado. "Orfeu Negro" (1959) – o filme - foi uma adaptação livre (demais) da peça de Vinicius de Moraes : « Orfeu da Conceição », tragédia grega que transpunha o mito de Orfeu para o ambiente das favelas do Rio de Janeiro. As primeiras apresentações começaram em 1956. Essa produção, como é sabido (ou não), teve origem a partir do encontro de Vinicius e Tom, em 1956, no bar Villarino, quando o já ilustre poeta e diplomata pediu ao compositor e arranjador que se encarregasse da parte musical de seu projeto. Essa associação deu à luz os primeiros carros-chefes da dupla, como Se todos fossem iguais a você e Lamentos no morro. Três anos mais tarde, quando Vinicius assistia à adaptação para película de sua tragédia greco-brasileira, ele a detestou oficiosamente. De mais a mais, Marcel Camus havia recusado as canções originais, muito numerosas e de difícil adaptação à concepção de seu fime, tendo então o cineasta pedido que se substituíssem essas canções por três novos títulos só. Os dois compositores não compreenderam exatamente o porquê do pedido, mas eles cumpriram o compromisso mesmo a contragosto, posto que seria uma forma de plantar uma semente que daria luz a um certo retorno financeiro. E tanto melhor se isso viesse a ser acompanhado de um reconhecimento international. Eles compuseram então três canções por telefone (uma vez que Vinicius estava na época lotado como diplomata em Montevidéu) : A Felicidade, Frevo e O Nosso Amor, às quais Camus adicionaria para a trilha sonora do filme um outro clássico da música brasileira, composta por Luiz Bonfá e Antônio Maria : Manhã de Carnaval. Sem entrar em maiores detalhes, Tom e Vinicius ficaram longe de obter os lucros que esperavam – para falar honestamente, foram um pouco roubados neste assunto – e arrependeram-se amargamente de terem aceito o projeto e de terem também vendido suas almas por tãopouco ao diretor francês. Porém, satisfeitos ou não, o filme os fez ficar conhecidos aos olhos do mundo, numa época em que o Brasil vivia seus anos dourados, pelo final da década de cinquenta.
O outro célebre evento - esse sim, verdadeiramente ligado à divulgação da Bossa Nova no mundo : o famoso concerto de 21 de novembro de 1962 no Carnegie Hall de Nova Iorque – é descrito com humor por Ruy Castro em seu livro « Chega de Saudade » (Companhia das Letras). Ele nos conta que tanto a preparação quanto o show em si mesmo viraram uma bagunça total. De um amadorismo de primeira ! Por alguma lembrança, certas boas almas americanas, animadas pelo amor à música, e sobretudo movidas pela perspectiva de uma boa entrada financeira, decidiram apresentar aos americanos as figuras de proa da Bossa Nova, movimento ainda muito jovem, na alvorada dos anos sessenta. Participaram, entre outros, desse concerto antológico : Sérgio Mendes, Sérgio Ricardo, Oscar Castro Neves, Luiz Bonfá, Agostinho dos Santos, Carlos Lyra, Roberto Menescal, Chico Feitosa ; e, naturalmente, João Gilberto e Antônio Carlos Jobim. A Bossa já tinha, nesse meio tempo, conseguido penetrar nos Estados Unidos, graças aos jazzmen Charlie « Bird » Parker, Herbie Mann, Gerry Mulligan e Stan Getz. E Desafinado, de Jobim / Newton Mendonça, já tinha sido objeto, naquele mesmo ano de 62, de onze versões, dentre as quais a de Charlie Parker e Stan Getz, no álbum « Jazz samba », que chegou a vender mais de um milhão de cópias. O show propriamente dito foi uma pequena catástrofe, e basta escutar o cd « Bossa nova at the Carnegie Hall » (Audio Fidelity) para que a gente possa se convencer facilmente, sem esforço. Mas enquanto a imprensa brasileira zombou de seus compatriotas demolindo ardorosamente, suas apresentações, os americanos – sempre em busca de novas sensações exóticas – foram de um entusiasmo delirante. Tudo virou Bossa Nova, até os modelos das novas máquinas de lavar. Os americanos chegaram até a inventar o passo de dança da Bossa Nova (« Quick, quick, slooooww… »), uma idéia que não havia passado pela cabeça nem dos próprios brasileiros. Esse deslumbramento é particularmente bem desenvolvido na comédia musical « Tom & Vinicius ». Na verdade, mesmo já tendo a Bossa conquistado os Estados Unidos antes desse famoso concerto, alguns de seus protagonistas que lá se apresentaram tiveram a oportunidade de assinar contratos interessantes. Alguns meses mais tarde, Antônio Carlos Jobim iria gravar em Nova Iorque, em maio de 1963, o álbum instrumental « Antônio Carlos Jobim, The Composer of Desafinado plays », um dos discos-chave da Bossa Nova, que acabou ficando no topo das vendas por inúmeras semanas.
Definitivamente, assim como ocorreu com o filme de Marcel Camus, esse concerto, que foi um grande fiasco artístico, também abriu para o mundo as portas de um Brasil musical inovador ...
En vidéo: -Medley comprenant "A Felicidade" dans sa partie finale, Vinicius de Moraes et Tom Jobim se souviennent d'Orfeu...Extrait d'un Spécial de la RTSI, télévision suisse italienne, avec aussi Toquinho et Miucha.
-La Bossa Nova a conquis les Etas-Unis: Astrud Gilberto et Stan Getz présente "The Girl fom Ipanema" (Tom Jobim/ Vinicius de Moraes)
La Bossa, définitivement éternelle avec Fred Martins.
(texto português em baixo)
Est-il possible et envisageable aujourd’hui, d’enregistrer un disque de Bossa Nova avec les éléments constitutifs de l’époque de son âge d’or… En d’autres termes avec une instrumentation classique et intimiste, sans que le résultat ne sonne suranné ou emprunt d’une nostalgie perdue. En fait, ce serait poser la même question si je demandais s’il était concevable d’enregistrer un album pop ou rock avec seulement deux guitares, une basse et une batterie. La question est stupide (mais c’est fait exprès !) et Fred Martins nous le prouve de belle manière, sur son troisième album personnel, « Guanabara », qui rend hommage à ses maîtres qui l’ont emmené vers sa carrière musicale : Antônio Carlos Jobim et João Gilberto.
Depuis les années 80, on nous a servi des soupes tellement gluantes de bossa-lounge-électro-pop, que l’album de Fred nous apparaît tout simplement original ! De plus « Guababara » n’est pas une énième relecture des classiques du genre. Il s’agit bien là d’un album de treize nouveaux titres de sa composition avec quelques-uns de ses partenaires d’écriture comme Marcelo Diniz, Manoel Gomes ou Francisco Bosco. Sans aucun artifice, Fred au chant et à la guitare se fait accompagner d’Alex Rocha à la contrebasse, et de Marcio Baia à la batterie, tandis que de manière bien à propos, interviennent çà et là, un ensemble de cordes dirigé par Jessé Sadoc, et une section de cuivre emmenée par Marcelo Martins. Ces arrangements n’est pas sans m’évoquer, par instant, la sonorité de l’album « João » (1991), de João Gilberto. Attention cependant ! « Guanabara » est un disque de musiciens qui se déguste sur plusieurs écoutes. Un survol trop rapide, et vous aurez vite fait de le trouver trop uniforme. Ce n’est pas un album facile, comme ne le sont pas non plus les harmonies que Fred Martins utilise.Et si vous prenez votre temps, vous découvrirez que de petites perles comme Amo tanto, Agora é com você, Breve primavera ou Tudo teu (pour citer mes préférées), vous récompenseront de votre patience et -qui sait- deviendront peut être un jour des classiques…de la Bossa Nova. Enfin, il est amusant de constater que plus nous nous dirigeons vers la fin des plages ensoleillées de « Guanabara », plus l’album retrouve le style pop initial de Fred comme avec Doceamargo et Por um fio, qui clôturent l’album. Alors, « Guanabara » : « The Last and definitive Bossa Nova album » ?
(texto português traduzido do francês, destinado aos leitores aprendizes)
Ouvindo hoje : Fred Martins.
Será que é possível vislumbrar nos dias de hoje a gravação de um disco de Bossa Nova, com os elementos que a constituíam em sua época de ouro.. ? Em outros termos, quero dizer : contando com arranjos e instrumental clássicos e intimistas, sem que o resultado soe ultrapassado ou contaminado por uma nostalgia perdida ? Na realidade, seria o mesmo que perguntar se hoje seria possível gravar um álbum pop ou rock apenas com duas guitarras, um baixo e uma bateria. Pois é, a pergunta é idiota - mas foi de propósito ! - e Fred Martins nos prova que sim, da maneira mais elegante, através de seu terceiro álbum solo, « Guanabara », que homenageia a seus mestres que o levaram à música: Antônio Carlos Jobim e João Gilberto. Desde os anos 80, a gente passou a escutar tantas saladas mistas do tipo bossa-lounge-eletro-pop, que o som tão simples do Fred nos parece original! E mais, « Guababara » não é uma enésima releitura de clássicos do gênero. Ele transita bem através de um álbum de treze novos títulos de sua autoria, sendo que alguns desses em parceria com letristas como Marcelo Diniz, Manoel Gomes ou Francisco Bosco. Sem qualquer artifício, Fred na voz e no violão se faz acompanhar de Alex Rocha no contrabaixo, e de Marcio Baia na bateria ; e além disso, no máximo, e bem a propósito, intervêem aqui e ali um conjunto de cordas dirigido por Jessé Sadoc e uma sessão de metais conduzida por Marcelo Martins. Esses arranjos não deixaram de me evocar, por instantes, a sonoridade do álbum « João » (1991), de João Gilberto. No entanto, atenção ! : « Guanabara » é um disco de musicistas para ser degustado ao longo de várias audições. De uma sorvida rápida, vocês podem vir a achá-lo uniforme. Esse não é um disco fácil, assim como não são as harmonias que Fred utiliza. E se vocês tiverem um pouco de tempo , descobrirão que pequenas pérolas como Amo tanto, Agora é com você, Breve primavera ou Tudo teu - (para citar minhas preferências) - recompensarão sua paciência e levarão vocês a crer – talvez – que esses títulos se tornarão os novos clássicos... da Bossa Nova. Enfim, é interessante constatar que quanto mais nos dirigimos ao final das praias ensolaradas de « Guanabara », mais o álbum resgata o estilo pop inicial de Fred, como em Doceamargo (que já estava no seu dvd « Tempo afora ») e Por um fio , que fecham o cd. Então, « Guanabara » : « The ultimate Bossa Nova Album » ?
Fred Martins: "Guanabara" (Sete Soís)
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Le monde fascinant d' Osgêmeos, graffitistes de Sao Paulo.
(texto português em baixo)
Il existe certains artistes avec qui, durant les interviews, il se crée obligatoirement certaines affinités. Il est vrai que, dans la mesure du possible, j’essaie toujours de sortir du format traditionnel ‘question/réponse’, pour engager vers une conversation plus informelle. Ce n’est pas toujours facile -surtout avec les plus célèbres d’entre eux- et puis cela dépend bien évidemment de la personnalité de chacun. Avec Fred Martins -que je considère comme un des compositeurs les plus doués de sa génération- j’ai pu garder régulièrement le contact et ce fut avec plaisir que je pus déjeuner avec cet artiste de Niterói au Centro Cultural Banco do Brasil. C’est dans cet espace que s’exposent pour l’instant les ‘graffitistes’ de São Paulo appelés Osgêmeos, autrement dit, les Jumeaux (en réalité Gustavo et Otávio Pandolfo).. Pour parler de ceux-ci, ils ont déjà acquis une forte réputation internationale, et j’avais pris connaissance de leur art en visionnant le dvd de l’artiste Siba, du Pernabuco, pour lequel ils avaient entièrement envahi la scène du Théâtre Municipal de Niterói de leur monde. (À propos, même si Niterói se situe à un jet de pierre de Rio, il est aussi conseillé d’appeler un de ses habitants de Carioca, que de qualifier un irlandais d’anglais…un basque d’espagnol, etcetera !). Le monde de ces ‘jumeaux’ est assez fascinant, mais comme tous les artistes de rue qui conquièrent une notoriété (Jean Michel Basquiat, Keith Haring…), la récupération mercantile de leur art aura sans doute raison de l’essence même de leur travail…Enfin, en attendant, leurs personnages issus de la réalité urbaine sont assez singuliers et interpellants. Outre le graphisme, ils pratiquent par ailleurs la sculpture et créent de véritables installations. J’aime assez…
Fred Martins, conquis par l'expo du CCBB (?) (photo Daniel A.)
Pour revenir à Fred Martins, son nom m’était d’abord apparu sur la pochette de bons nombres d’artistes, féminines principalement, comme Thaís Motta, Elisa Queiros, et d’autres ; mais aussi d’artistes plus confirmés tel que Ney Matogrosso ou Zélia Duncan. Ses deux albums personnels -« Janelas » (2001) et « Raro e comum » (2005)- avaient attiré l’attention de la critique, et le prestigieux prix Visa du meilleur compositeur qu’il gagna en 2006, lui permit d’ouvrir un chemin vers une reconnaissance encore un peu timide. Son dvd « Tempo afora » (2007) sorti dans la foulée, nous a fait découvrir un artiste complet, mélodiste pop (ou MPB si vous préférez) subtil, et un excellent musicien. Il travailla de nombreuses années à retranscrire les partitions pour les fameux « songbooks » de Almir Chediak.
Notre rencontre informelle de mardi dernier fut l’occasion pour lui de me donner son dernier-né, « Guanabara » en vente au Brésil fin de ce mois d’avril. L’album est entièrement tourné vers ce qui l’amena à la musique : la Bossa Nova de Jobim et de João Gilberto. Sans encore avoir pu l’écouter, ce qui me paraît primordial, c’est qu’il est constitué de compositions complètement nouvelles et non de reprises géniales, certes, mais mille fois entendues. L’hommage de Fred à ses maîtres se restreint donc uniquement à respecter l’esprit du style, acoustique et intimiste : une voix, une guitare, une contrebasse, une batterie, avec de çà et là, un accompagnement de cordes. Si l’on accepte le fait qu’un style musical naît en accord avec les contextes de son époque, il n’y a aucune raison de penser que la Bossa (comme le rock, le jazz, et toutes musiques populaires) doive mourir à un moment donner. L’esthétique musicale d’un mouvement est là pour durer. La Bossa Nova, en tant que musique, n’est pas morte en 1964, et des artistes comme Fred Martins sont là pour le prouver. Il ne reste plus qu’à se plonger dans sa baie de « Guanabara ».
PS : Fred est également un excellent dessinateur et illustrateur, mais je n’ai rien pu trouver sur le net pour le prouver ici…
Texto português traduzido do francês, destinado aos leitores aprendizes.
Viagem de bolso ao Rio, 8 de abril : Fred Martins… E ‘Os Gêmeos’.
Existem certos artistas com os quais, ao longo das entrevistas, criam-se naturalmente certas afinidades. É verdade que, na medida do possível, eu busco sempre evitar o tradicional formato « pergunta / resposta », a fim de promover uma conversa mais informal. Isso não é sempre fácil, sobretudo lidando com os nomes mais célebres, e afinal isso depende também da personalidade de cada um. Com Fred Martins, que eu considero um dos compositores mais afáveis de sua geração, pude manter um contato regular, e foi com grande prazer que eu pude almoçar com esse artista de Niterói no Centro Cultural Banco do Brasil. É nesse mesmo espaço onde se encontra agora a exposição dos grafiteiros de São Paulo chamados de ‘Osgêmeos’ - Gustavo e Otávio Pandolfo. Para falar desses dois, há que lembrar que eles já conquistaram uma forte reputação internacional, e eu já conhecia previamente o trabalho deles em função de assistir ao dvd do artista Siba, de Pernambuco, no qual eles invadiram a cena no Teatro Municipal de Niterói com seus mundo imaginário. (A propósito, mesmo que Niterói se situe geograficamente a um pulo do Rio – basta atravessar uma ponte – é tão aconselhado chamar um de seus habitantes de Carioca, assim como qualificar um irlandês de inglês... ou um basco de espanhol, etc. !). O universo desses « gêmeos » é extremamente fascinante, mas como todos os artistas de rua que conquistaram alguma notoriedade (Jean Michel Basquiat, Keith Haring...), o retorno comercial desse tipo de arte virá sem dúvida em razão da essência mesma de seus trabalhos... Porém, enxergo seus personagens captados da realidade urbana como bastante peculiares e instigantes. Além do grafismo, eles fazem esculturas, criando inclusive verdadeiras instalações. Eu gosto bastante...
Voltando ao Fred Martins, seu nome me vinha a reboque de apresentações de bons nomes femininos, principalmente Suely Mesquita, Thaís Motta e Elisa Queiros, dentre outras ; mas também ao lado de artistas mais consagrados como Ney Matogrosso ou Zélia Duncan. Seus dois álbuns pessoais -« Janelas » (2001) e « Raro e comum » (2005)- chamaram a atenção da crítica e a obtenção do prestigiado Prêmio Visa de melhor compositor, que ele ganhou em 2006, o que o permitiu abrir um caminho próprio, sob um reconhecimento então ainda tímido. Seu dvd « Tempo afora » (2007) saiu nesse rastro, e nos permitiu descobrir um artista completo : um melodista pop (ou MPB, se vocês assim o preferem) sutil, e um excelente musicista. Ele trabalhou por vários anos na retranscrição de numerosas partituras para os famosos « songbooks » do Almir Chediak. Nosso reencontro informal dessa última terça-feira foi a oportunidade que tivemos para que ele me presentear com seu recém-nascido « Guanabara » , a ser colocado à venda no Brasil ao final desse mês de abril. O álbum é inteiramente voltado à o que lhe levou à música : a Bossa Nova de Jobim e de João Gilberto. Mesmo até agora sem ter podido ouvi-lo, o que me parece primordial é o fato de que é um disco constituído de composições completamente novas, e não de regravações geniais – tudo bem, mas já mil vezes absorvidas. A homenagem de Fred a seus mestres se restringe então a respeitar o espírito do estilo bossanovista - acústico e intimista : uma voz, um violão, um contrabaixo, uma bateria e, aqui e ali, um acompanhamento de cordas. Se aceitamos o fato de que um estilo musical nasce no contexto geral de sua época, não há razão para se imaginar que a Bossa (como o rock, o jazz, e todas as músicas populares) deva morrer no momento seguinte. A estética musical de um movimento está ali para perdurar. A Bossa Nova, como música, não acabou-se em 1964, e os artistas como Fred Martins estão aí para comprovar. Não me resta nada além de mergulhar dentro dessa baía de « Guanabara ».
P.S. : Fred é também um excelente desenhista e ilustrador, mas eu ainda não pude buscar algo na rede para mostrar a vocês aqui...
En vidéo: Merecimento (Fred Martins) par Elisa Queiros et Fred Martins (vidéo amateur) Novamente par Fred Martins.
CE BLOG EST DÉDIÉ AUX CURIEUX QUI AIMERAIENT CONNAÎTRE L'ART ET LA MUSIQUE POPULAIRE BRÉSILIENNE. UNE OCCASION POUR LES FRANCOPHONES DE DÉCOUVRIR UN MONDE INCONNU OU IL EST DE MISE DE LAISSER SES PRÉJUGES AU VESTIAIRE.