mercredi 30 avril 2008

Les Années 90: la MPB dans tous ces états…(II)

Lenine, le Lion du Nord et l'éternelle étoile, Maria Bethania (photo: Priscilla Varela)

Consciente que ces deux derniers posts sur les années 90, représente pour vous comme un bombardement d’informations -et oui, pour lire le (II), et faut avoir lu le (I) !-, une muse s’est proposée pour m’aider à illustrer de façon sonore, les petites histoires racontées ici. Je me permettrais une fois de plus de dire que le constat de cette période musicale, un grand tourbillon, sera par la force des choses, maintes et maintes fois, selon les opportunités, commentée en détail dans l’avenir. Et d’ailleurs pas plus tard que lors du prochain post que je dédierai à Adriana Calcanhotto, en visite en Europe, au mois de mai. Allez, on y retourne, concentration, por favor… !
Il serait faux de croire que, durant cette décade, la Samba et la Bossa Nova aient été mises aux bancs des reliques folkloriques. Elles ne l’ont jamais été. Elles ont bien au contraire souvent aidé les artistes que j’ai pu citer à évoluer, tout en gardant leur propre personnalité. Contrairement au reste du monde, par exemple, le rap, a pu atteindre une autre dimension grâce justement aux arrangements et aux rythmes des différentes sambas. De même, les grands noms de la MPB des années 60 ou 70, tels Caetano Veloso, Gilberto Gil, Chico Barque, Ivan Lins, Joao Bosco, Djavan, Rita Lee –stop !- ont toujours été bien présents et adulés, même si certains, durant cette décennie, sont passés par une petite crise de créativité.
C’est alors, qu’en marges des mouvements, naissent et s’affirment dans une tradition plus classique, de nouvelles personnalités.

Zeca Baleiro, intelligence des textes, génie des compositions

Chez les hommes d’abord (pour une fois…), certains continuent à mêler tradition du Nordeste aux éléments pops et rocks. Et ici on touche au génie, avec des artistes comme Lenine, Zeca Baleiro, et Chico César, non seulement excellents compositeurs, mais auteurs de textes d’une poésie qui mêlent le quotidien, la culture ancestrale, et de fait, crée une véritable identité nationale. Arrive aussi le carioca Paulinho Moska, artiste complet qui mélange la pop au ‘chorinho’ ou à la samba. Toujours de Rio, Pedro Luis e a Parede s’impose très vite comme un artiste très puissant, créatif et original. Le mot « a Parede », ou « mur » en portugais, se réfère à la puissance percussive frontale de ces compositions. C’est aussi l’apparition en 1997, de Seu Jorge, alors intégrant du groupe Farofa Carioca, et des d’excellents compositeurs et chanteur de Sao Paulo, Nando Reis et Arnaldo Antunes, tous deux issu du groupe déjà mentionné, os Titas. Tous ces compositeurs cités jusqu’ici, ont la singulière particularité d’avoir composé le même volume de chansons tant pour leur propre répertoire que pour celui d’autres artistes, principalement des interprètes féminines.
Enfin, tandis que le noyau dur du Rap s’installe définitivement à Sao Paulo, ce sont paradoxalement deux artistes de Rio qui s’imposent commercialement. Gabriel O Pensador (Gabriel, le Penseur) avec des textes à l’ingénuité très carioca, et Marcelo D2, qui mêle samba et rap, dans un album qui sera a jamais son heure de gloire, et qu’il nommera « A Procura da batida perfeita » (A la recherche du rythme parfait). Nous sommes alors déjà à l’aube des années 2000, mais ces deux artistes, semblent déjà avoir tout dit.
Dans ce monde musical qui doit vous paraître bien masculin, c’est bien évidemment à dessein que je gardais dans la manche encore une autre déferlante, celle d’une toute nouvelle vague féminine de compositeurs interprètes, à forte...personnalité ! Des femmes compositeurs, ce n’était pas en soi une nouveauté, mais plus qu’auparavant, les chanteuses ne sont plus comme au temps d’Elis Regina, Maria Bethania, Gal Costa, Clara Nunes ou Nana Caymmi, les portes voix des compositeurs masculins.


Les Tribalistas en 2002, super-groupe réunissant trois personnalités essentielles des années 90: Marisa Monte, Carlinhos Brown et Arnaldo Antunes.

Dès 1990, s’impose déjà Marisa Monte, dont l’Europe découvre le talent en même tant que le Brésil. Elle viendra souvent en Belgique. La scène brésilienne nous livre alors d’autres artistes, depuis consacrées, comme Zélia Duncan, Adriana Calcanhotto (!), Cassia Eller, Fernanda Abreu ou Ana Carolina (à partir de 1999), et je ne parle que de ‘la crème de la crème’, expression que les Brésiliens adorent placer en français dans les conversations. D’autres petites tendances frappent à la porte de ce panorama, comme la vague des DJ’s, la bossa ‘lounge’ à l’étranger, et la mouvance pop alternative du label ‘paulista’ Trama, mais si tout ce panel vous paraît encore confus, il répondra peut-être à la question de savoir pourquoi un jour, j’ai préféré laisser de côté la musique anglo-américaine.

9 commentaires:

Eduardo a dit…

Sensacionais os dois posts sobre os anos 90 - e um pouquinho antes - na música brasileira. Esse belga, na verdade, deve ser um carioca disfarçado...

Anonyme a dit…

J'ai adoré ce disque des Tribalistas qu'un ami portugais m'avait donné en cadeau à l'époque. J'ai vu aussi un dvd à la Fnac de Bruxelles(oups! je peux citer?), c'est un concert. Ca vaut le détour? Merci d'avance pour votre réponse. Marc.

Anonyme a dit…

Boa escolha, Daniel, essa cançao do Zeca tem a cara dele, mistura de trocadilhos e de palavras em inglés e francés. O cara é culto para caramba! Por uma vez,um compositor tem a ideia de trocar de musa cinématografica. Chega de Brigite Bardo, viva Isabele Adjiani!!

Anonyme a dit…

Eduardo, o Daniel é um "Belgarioca de Ipanema". Ele conhece mais MPB do que qq. brasileiro que eu conheço. É um verdadeiro brasilianista musical. Aprendo muito com ele, sempre.

Anonyme a dit…

Bonjour, Y a t-il moyen d'obtenir un agenda européen sur les festival des musique du monde et du Brésil en particulier, merci pout ta réponse, Geneviève.

Daniel Achedjian a dit…

Obrigadissimo pelo elogio, Eduardo, desculpe o atraso da resposta. De vez em quando, tambem temos feriadao (-:
grande abraço, fiel colega!

Daniel Achedjian a dit…

Bonjour Marc, excusez-moi pour la réponse tardive. Ce dvd dont vous parlez est excellent. C'est la conception de cet album en studio. Un excellent disque en effet, et qui s'imposa hors du Brésil aussi. Les trois artistes ne se sont montrés que de rares fois sur scène. On parle cependant d'un deuxième albums du trio. On espère. merci de votre visite, a bientôt...

Daniel Achedjian a dit…

Caro anonimo de 2:24, o jeito de escrever letras do Zeca é unico. Merece de ser descotiçado um desses dias, e me ofereço em faze-lo. Até breve, abraço.

Daniel Achedjian a dit…

Bonjour Geneviève, je peux me tromper, mais je ne vois pas d'agenda de ce genre. Mais des revues de musiques du monde, il en existe. Maintenant, je crois vraiment que la recherche internet reste sans doute le meilleur moyen, certes parfois laborieuse, pour savoir ce qui se fera chez nous. merci de votre visite.

CE BLOG EST DÉDIÉ AUX CURIEUX QUI AIMERAIENT CONNAÎTRE L'ART ET LA MUSIQUE POPULAIRE BRÉSILIENNE. UNE OCCASION POUR LES FRANCOPHONES DE DÉCOUVRIR UN MONDE INCONNU OU IL EST DE MISE DE LAISSER SES PRÉJUGES AU VESTIAIRE.