mercredi 27 août 2008

Suite du journal musical...du 23 au 26 août.

Jussara Silveira, Rita Ribeiro et Teresa Cristina
Théâtre Municipal de Nitéroi, 24/08 (photo Daniel A.)

23/08: pause volontaire d’interviews, ce qui ne m'empêche nullement de goûter au plaisir musical de Lapa un samedi soir. Hors saison, le quartier est très respirable. Au Carioca da Gema, une des excellentes casas de show du vieux quartier, Ana Costa anime le public avec un répertoire de sambas traditionnelles plus connues les unes que les autres. Le but étant de faire chanter et danser le public averti. C’est bien simple, ceux qui ne chantent pas en choeur, ne peuvent être que des touristes! J’en vois en effet certains qui semblent un peu perdus dans la ferveur de l’ambiance, tentant de se cacher derrière une caipirinha... La chanteuse, qui a lancé son premier et excellent disque “Meu Carnaval”(2006), accompli ici son travail d’animatrice de la maison, laissant de côté ses propres compositions. C’est dommage, mais c’est normal. Je devrais la rencontrer ce vendredi.

Ana Costa au "Carioca da Gema" de Lapa (photo Daniel A.)

24/08: Tandis que João Gilberto, le Howard Hugues de la Bossa Nova, présente un show historique au Théâtre Municipal de Rio pour un public choisi, je me rend à Niterói, pour assister à l’enregistrement du dvd de “Três meninas do Brasil”, un show qui réunit Jussara Silveira, Teresa Cristina et Rita Ribeiro (voir photo en tête de message). Il y a peu, j’avais écrit dans ce blog “A la recherche de la nouvelle star”. Si je ne sais toujours pas où elles se trouvent, j’ai à coup sûr trouvé trois divas en un seul soir. Ces trois chanteuses déjà aguerries ont présenté ce dimanche un spectacle de haute tenue, probablement un des meilleurs concerts qu’il m’aie été donné de voir ces deux dernières années. Je développerai ultérieurement. En tout cas, ce fut un remède miracle à une éventuelle dépression qui m’amènerait à me demander si la musique brésilienne possède bel et bien encore des artistes de grande valeur. Ces trois grandes dames ont répondu à mon interrogation. Merci “minhas meninas”, grâce à vous, j’en viens à remercier les dieux de la MPB de m’avoir privé de billet pour voir le pape de la Bossa. Et ce n’est pas de l’amertume!

Frejat dans le studio où fut enregistré son dernier album: "Intimidade entre estranhos"
(photo Daniel A.)


25/08: déjà rencontré en 2003, c’est avec un grand plaisir que je revois Frejat, artiste avec lequel j’avais réalisé une de mes meilleurs interviews à l’époque. Ce personnage incontournable de la scène rock brésilienne est en pleine promotion de son troisième album solo, “Intimidade entre estranhos”, que j'ai pu écouter en primeur grâce à l’efficacité de son agent de presse, Renato. Comme avec Zeca Baleiro la semaine précédente, il court d’une interview à l’autre mais ne rechigne pas à converser pendant 1 heure 16! (dixit son agent, un peu furax!) sur diverses questions touchant à son dernier bébé mais aussi sur divers constats de la scène rock actuelle.
La star –car c’en est une!- est toujours aussi chaleureuse, sympa et surtout très lucide sur tout les sujets qu’il aborde...

Bena Lobo, le regard tourné vers une reconnaissance méritée qu'il espère...
(photo Daniel A.)

26/08: autre chouette rencontre avec Bena Lobo, fils d’un des plus grands compositeurs de la musique populaire brésilienne –avec Tom Jobim et Chico Buarque- Edu Lobo. Et la maman n’est autre qu’une des figures emblématiques féminine de la Bossa Nova, Wanda Sa. Ce n’est certes pas facile d’être fils de..., mais ce jeune compositeur ne doit son talent à personne. Ses deux albums “Nada virtual”(2002) et “Sábado”(2006), avaient attiré mon attention l’année dernière. Sur le dernier opus, on ne retrouve ni plus ni moins que Lenine, Seu Jorge, Pedro Luis et des musiciens de studio de poids comme le bassiste Arthur Maia. Et malgré le soutien de son père et d’artistes renommés comme le déjà cité –Chico Buarque- ou Milton Nascimento, il ne cache pas que la situation du marché de la musique brésilienne ne fait pas de cadeaux aux jeunes compositeurs, quelque soit l’héritage musical dont ils ont pu bénéficier. Encore une confession bien pertinente.
L’après-midi, une rencontre que j’attendais avec une certaine impatience, celle avec Tony Platão. A l’heure où les chanteuses fleurissent comme de belles orchidées ou de la mauvaise herbe -c’est selon- il était intéressant de converser avec un artiste masculin, qui fait de l’interprétation, un point d’honneur. Toni est loin d’être un novice, puisqu’il est né avec la scène rock des années 80, et son ancien groupe Hojerizah. Mais depuis deux ans, il développe enfin un projet qui devrait le consacrer –il serait temps- comme un des meilleurs interprètes du Brésil! Toni ne peut cacher son enthousiasme d’avoir vu il y a quelques jours, le résultat final de son premier dvd qui sortira dans les prochains mois. Un fait assurément important, car sur les planches, le chanteur acquiert toute sa dimension. Au niveau prestation scénique, une comparaison avec des artistes comme Joe Cocker, Ian Curtis ou -au Brésil- la regrettée Cassia Eller, est loin d’être fortuite. Espérons que le dvd pourra rendre ce à quoi j’ai pu assister de nombreuses fois.

Toni Platao: "Pro quem estao em casa"

2 commentaires:

Márcio a dit…

Salut Daniel! João Gilberto a choisi vivre basiquement avec sa musique, un peu comme un moine, en se permettant peu de contact avec le "monde moderne". Moi, je célébre ça. L'information essencielle, l'ensemble de sont chant et de sa guitare, sera toujours là. Est-ce que tu est déjà allé voir un show de João Gilberto? En Belgique je ne sais pas, mais en Italie il va souvent. J'ai eu l'opportunité/la chance de voir deux shows de JG en 2001, à São Paulo e à Brasília, chaq'un avec sa magie. Des experiences uniques, biensûr!
J'aimerais bien voir Jussara Silveira, Rita Ribeiro et Tereza Cristina! Le repertoire du show, vu au blog de Mauro Ferreira, m'a beaucoup plaît. C'est domage que ce show n'a jamais passé les frontières du RJ (Rio de Janeiro et Niterói). Après le DVD, peut-être? Le mêmme s'est passé avec Tony Platão, un bon chanteur - selon ce que j'ai li - qui n'est jamais dévenu connu hors de Rio de Janeiro. J'espère que cette situation change vite! Saudações!

Anonyme a dit…

Muito bom "rever" o Frejat. Bela voz, belo som ... e gente boa. E não envelhece ... impressioante!

CE BLOG EST DÉDIÉ AUX CURIEUX QUI AIMERAIENT CONNAÎTRE L'ART ET LA MUSIQUE POPULAIRE BRÉSILIENNE. UNE OCCASION POUR LES FRANCOPHONES DE DÉCOUVRIR UN MONDE INCONNU OU IL EST DE MISE DE LAISSER SES PRÉJUGES AU VESTIAIRE.